Retrahant, Ere impériale


 
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 L'avenir arrive trop vite pour ne pas s'y préparer.

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Ywellyn Aldradan
Hermaphrodite.
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Nombre de messages : 33
Date d'inscription : 25/03/2010

MessageSujet: L'avenir arrive trop vite pour ne pas s'y préparer.   Mar 30 Mar - 2:15

Le Baron d'Iida était exaspéré par ce qu'il entendait. D'un pas, il alla se camper devant l'unique fenêtre du salon et regarda la pluie tomber, tournant le dos à son interlocuteur. Celui-ci s'était tu et sa respiration stertoreuse se calma; seul demeurait le bruit des bûches se consumant dans l'âtre.

Par delà le rideau de pluie, l'on pouvait apercevoir les toits de chaume et les ruelles boueuses de la cité d'Edalwyn. Les allées étaient désertes, la pluie ayant forcé les habitants à interrompre leurs travaux et à rentrer chez eux. Le Baron songea que si les ondées continuaient à ce rythme, la pourriture envahirait les cultures et le bétail tomberait malade. Si cela devait arriver, il était certain que le peuple ne lui pardonnerait pas une énième faute et tenterait de le chasser, lui et ses proches.
La popularité de la famille Aldradan avait disparu à la mort de son oncle. Le fondateur de la cité s'était éteint sans héritier d'une rupture d'anévrysme, le saignement l'avait emporté en moins d'un quart d'heure sans que quiconque ait pu l'aider. Son frère aurait dû prendre sa succession mais il fut considéré comme trop âgé pour cela et il déclina de lui-même ce droit. Ce fut donc le neveu du défunt, Ywellyn Aldradan, fils du précédent, qui prit le titre de Baron de la province Empersoise de l'Iida et de seigneur d'Edalwyn, à l'âge de vingt-deux ans.
Les premiers jours, ce fut l'état de grâce, les promesses et l'évocation du seigneur défunt suffirent à donner courage au peuple. Mais les ennuis se succédèrent : pyrale, charançons, pluies abondantes... Bientôt, ce fut la disette. Les estomac et les coeurs grondèrent mais les Aldradan se firent rassurants : tout cela allait, disaient-ils, se calmer.
Durant un temps ce fut l'accalmie, les cultures et les bêtes récupérèrent, l'abondance revint.


Mais alors que le peuple devait se préparer à passer l'hiver, rentrant les dernières récoltes et ramenant le bétail à l'étable, une épidémie de charbon se déclara. Tous s'accordèrent à dire que les Aldradan n'y étaient pour rien mais jour après jour, alors que le peuple déclinait, l'opulence du château devint insupportable. Un soir d'octobre, la roture vint au donjon et réclama le partage des vivres entre elle et les nobles. Conscients que faire donner la milice détruirait le peu d'estime que le peuple gardait pour eux, les seigneurs acceptèrent le partage. Renonçant à leurs privilèges, ils permirent à la populace de survivre aux longues nuits.

Une fois l'hiver terminé et les moments critiques passés, ceux-ci reprirent ce qui leur revenait de droit, rappelant à tous que le partage entre les nobles et le peuple n'était que provisoire. Si cette année la pourriture touchait les champs alors que ceux-ci n'étaient même pas matures, ce serait la famine, la révolte et probablement la fin de la cité.

Ywellyn s'était calmé, il réfléchissait à ce qu'il venait d'entendre. Ce fut une quinte de toux qui le tira de ses songes.

"Ca ne s'améliore pas..". pensa-t-il avant de se retourner vers le frêle vieil homme assis devant le feu. Son visage, ses mains crispées et rachitiques exprimaient la souffrance de la tuberculose. Mais ses yeux étaient vifs comme les flammes, épiant tout de cet homme qui lui servait de fils. Sa voix elle aussi restait forte, elle ne tremblait pas, ne faiblissait pas.

"Tu dois choisir, mon fils. Le peuple gronde et tu ne resteras pas longtemps sur ton trône s'il se décide à passer à l'action. Ta milice elle-même...

-Assez ! Je sais tout cela, je sais que tout va mal dans cette foutue cité abandonnée par Gaëd. Mais je sais aussi que nous lancer dans une guerre contre la plus grande cité du monde est un suicide. Participer à ce conflit ne nous apportera rien de bon. Nous avons tant de choses à faire ici et si peu de moyens pour les réaliser.

- Si tu rejoins cette cause, tu pourras négocier à égalité avec les nobles les plus importants du pays... En échange de notre participation, nous pourrons demander de l'or, de la nourriture, tout ce que nous désirerons. Le peuple te remerciera à genoux de lui avoir offert tous ces présents et tu pourras alors en faire que que tu voudras.
Mais pour ça tu devras lever une armée et marcher au combat avec les nobles. Tu n'auras qu'à te débrouiller pour assurer les arrières de la colonne et garder nos hommes comme compagnies de réserve. Et quand la Sainte Ephyne tombera, nous aurons...notre... part..." Une violente toux secoua le vieillard.
"Mais avant cela, envoie un messager à la Capitale, arrange-toi pour qu'il obtienne audience. Dis à ces nobles ce qu'ils veulent entendre : que toi et l'Iida resterez à leur service jusqu'à ce qu'ils trouvent un régent et que tu reconnaitras ce dernier comme Empereur. Si tu t'en sors bien, ces..."Gardiens" devraient nous accorder leur confiance et nous envoyer de l'aide. Ils auront besoin de soutiens extérieurs à Ephyne face aux nobles et ils savent qu'en échange de leurs dons, nous serons de fidèles alliés lorsque la situation s'embrasera..." Le ricanement conduisit à une énième quinte rauque. Le sang perla aux lèvres du père Aldradan.

"Mais si nous sommes confondus..." risqua le fils.

"Qu'importe ! Qu'ils aiment les traîtres ou non, tous auront besoin de soldats. Les conjurés et les Ephynois n'oseront pas prendre le risque de nous laisser rejoindre leurs ennemis en nous reniant. Ils monnaieront nos services et alors nous ferons grimper les enchères. C'est parce que les deux camps sont faibles que nous pouvons en profiter. Lorsque l'un d'eux aura gagné, nous aurons amassé suffisament de richesses pour vivre à l'abri du besoin et du danger. Les Aldradan auront enfin leur place et toi, tu pourras éclipser tous les succès de ton oncle. Le père essuya le sang qui coulait d'un revers de manche et reprit son souffle.
Mais certes, tu as raison, essaies de rester discret avec cette entrevue. Inutile de soulever plus de méfiance que nécessaire."

Ywellyn retourna à la fenêtre alors que le vieil homme se rendait à ses appartements. Il y resta près d'une heure, les yeux dans le vague. L'averse avait redoublé de violence, les éclairs zébraient le ciel tandis que l'Iida glissait dans la nuit.
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