Retrahant, Ere impériale


 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 Ou l'on trouble la quiétude tribale

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Vertignol de Sévignac
Trop modeste pour être très fier.
avatar

Nombre de messages : 28
Age : 23
Localisation : Sur du sable
Date d'inscription : 23/09/2007

MessageSujet: Ou l'on trouble la quiétude tribale   Sam 1 Mai - 19:54

Le Seigneur Vertignol renifla bruyamment. L'air était froid et le vent sifflait entre les quelques arbres décharnés et les collines que l'on apercevait aux alentours. Accompagné des meilleurs hommes de sa garde, il s'était éloigné de Sévignac jusqu'à atteindre une colline d'où l'on voyait la ville au loin, et les montagnes non loin. Après s'être assurés de n'être suivis de personne, le but de leur escapade relevant du plus grand secret, les hommes s'étaient armés de patience et insultaient silencieusement la saison froide, attendant quelque individu qui semblait ne jamais venir.

Quelques jours auparavant, des messagers avaient été envoyés de Sévignac aux principales tribus environnantes. L'une vivait du commerce avec la ville et entretenait avec elle de bonnes relations, et l'autre vivait de l'élevage dans la frontière de l'Aevenspeer. Une troisième ne fut pas invitée à prendre part aux évènements pour la bonne raison qu'ils égorgeaient tous ceux qui ne pouvaient pas leur valoir une rançon un tant soit peu importante. Leurs chefs respectifs avaient été conviés avec grande insistance à rencontrer le Seigneur Vertignol afin de discuter d'un sujet de la plus haute importance - il s'agissait de leur avenir dans ces montagnes qu'ils affectionnaient tant, ainsi que celui de Sévignac, et qui se voyaient sans nul doute menacés. Il craignait que ces braves mais rudes gens ne se désintéressent totalement du sujet, mais ses messagers lui avaient apporté de bonnes nouvelles : les barbares, apparemment soucieux de continuer leur vie en toute quiétude, avaient accepté de venir au plus vite.

Le Seigneur voyait d'un oeil inquiet la véhémence du nouvel Empereur, qui souhaitait ardemment rassembler tout le pays sous son égide.
"Pour sûr que c'est pas bon pour les affaires" fut à peu près ce qu'en pensa le Seigneur, et il avait décidé d'agir en conséquence.

Pour l'heure, emmitouflé dans un épais manteau de fourrure, il maudissait le vent et les barbares peu ponctuels.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Entité
Alias : les dés pipés.
avatar

Nombre de messages : 68
Date d'inscription : 28/03/2010

MessageSujet: Re: Ou l'on trouble la quiétude tribale   Lun 3 Mai - 16:28

Arrivé au sommet de la colline, le sire de Sévignac avait ordonné à ses hommes de monter la garde, et d'attendre. Mais attendre combien de temps ? Après quelques heures qui parurent fort longues, un homme, vêtu de peaux de bêtes, les cheveux longs et la barbe hirsute, se trouva à la vue des gardes. Un bâton de marche à la main, un couteau à la ceinture, le barbare s'arrêta lorsqu'il fut sûr qu'il avait attiré le regard des Empersois. Immobile, il lança dans un mauvais empersois.

- Empersois, maîtres attendent plus loin, dans un kal*. Sinen**.

Sans plus attendre, le barbare tourna les talons et s'élança vers le nord-ouest, marchant porté par son bâton.



*val.
** Suivez-moi.

_________________
Homo homini lupus.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Vertignol de Sévignac
Trop modeste pour être très fier.
avatar

Nombre de messages : 28
Age : 23
Localisation : Sur du sable
Date d'inscription : 23/09/2007

MessageSujet: Re: Ou l'on trouble la quiétude tribale   Ven 7 Mai - 21:33

L'assemblée resta interdite devant l'homme, puis reprit ses esprits. Vertignol commençait à s'inquiéter du retard de la délégation.
"Pourquoi arrivez-vous donc si tard ? Je commençais à flairer un traquenard."
L'homme lui répondit qu'il fallait réunir les principaux chefs de clans, convaincre tout ce joli monde d'aller parler politique avec un parfait inconnu (pour la plupart, du moins, les autres le connaissant de réputation) , et que ce n'était point chose facile, assurément.
Vertignol n'était pas sûr d'avoir parfaitement compris ce que disait l'homme, qui mélangeait mauvais empersois et un quelconque dialecte mal connu, qu'il marmonnait d'ailleurs. Il s'empressa donc d'acquiescer et suivit bon gré mal gré son guide, accompagné de ses gardes qui commençaient à devenir nerveux. Il leur aboya un "Reprenez-vous !" cinglant et reprit sa marche. Après quelques minutes de marche qu'un individu n'ayant aucune habitude de la randonnée montagnarde aurait qualifiée de "Difficile et douloureuse car causant l'apparition de cloques aux pieds" , ils arrivèrent dans un vallon qui avait l'air encore plus désolé que les collines environnantes.
Les Sévignois supputèrent que les barbares souhaitaient simplement davantage de discrétion, mais ce n'était apparemment pas entièrement le cas : on apercevait non loin un chalet où quelques hommes vêtus de fourrures montaient la garde. Les barbares souhaitaient éviter les aléas du froid, voilà tout. On mena le Seigneur à l'intérieur du chalet, laissant les gardes dans la brise, sauf un qui lui servirait d'interprète. Là, les chefs de clans ayant répondu à l'appel le regardaient fixement. Il leur lança amicalement un salut en dialecte barbare, un des quelques mots qu'il maîtrisait (Et dont il était assez fier, car il était trop modeste pour en être très fier) et fit à chacun la chaleureuse salutation barbare, qui consistait en une vigoureuse embrassade. Il ne perdit pas plus de temps en mondanités et leur dit, en empersois cette fois-ci :

"Maîtres des montagnes ! Je vous ai réunis céans afin de préparer chacun aux menaçantes auspices qui planent sur nos montagnes. Vous ne connaissez nul doute, nulle peur, mais une sombre période s'annonce, qui causera notre perte à tous si nous ne réagissons pas en conséquence, unis pour un but commun. "

Il marqua une pause. Aucun barbare ne l'interrompant, il considéra avoir gagné leur intérêt.

"Vous n'êtes pas sans ignorer que ma contrée, l'Empersiste, était autrefois dirigée par un puissant homme, Baudouin, qui est maintenant mort. Sa perte plongea le pays dans le chaos, un âge sombre qui perdura de longues années, jusqu'à maintenant. Maintenant, un homme s'est illégitimement hissé sur le trône d'Empersiste, et cet homme n'a qu'un désir : réunir, de gré ou de force, tout le pays sous son égide. Il désire annihiler les cités indépendantes telles que la mienne, et il en est capable, car il a persuadé par le plus bas des instincts, la cupidité, de nombreux seigneurs de le rejoindre."

Il marqua une nouvelle pause. Il regarda anxieusement les barbares chuchoter entre eux. Et s'il ne se sentaient pas concernés au point de le soutenir ? Les conséquences en seraient fâcheuses, assurément.

"Cela concerne ma cité, cela concerne vos montagnes. Aveuglé par le Gaedianisme, il ne verra en nous que des hérétiques qu'il faut châtier, et s'il s'empare de ma cité, il disposera d'un bastion d'où il vous attaquera, vous aussi. Seul, je ne puis faire face à sa hargne. Il nous faut agir, et agir vite. J'ai déjà acquis un puissant allié, et il est capable de défaire l'Empereur. Mais il ne peut me protéger et livrer bataille en même temps. J'ai besoin de votre aide."

Cette fois-ci, il attendit la réplique des chefs barbares.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Entité
Alias : les dés pipés.
avatar

Nombre de messages : 68
Date d'inscription : 28/03/2010

MessageSujet: Re: Ou l'on trouble la quiétude tribale   Sam 8 Mai - 16:32

Les différents chefs de clan barbares restèrent pour le moins interdits devant cette promesse d'alliance. Que voulait en tirer l'Empersois ? La simple sécurité, comme il le prônait ? La sauvegarde de leur différence ? On affublait ces hommes des monts du mot "barbare", et non pas du mot "sot". Il y avait forcément autre chose ; cet empersois craignait avant tout pour la sécurité de ses terres, et pensait jouer sur la corde sensible pour rallier les barbares à sa cause.

Toujours était-il que son fief est et était toujours un point commercial important dans ces montagnes, et ou la présence de non empersois était tolérée sans que ceux-ci ne soient traités comme de véritables parias. Mieux encore, Sévignac semblait se complaire dans ces échanges entre deux mondes, la civilisation empersoises et les cultures étrangères, dont elle tirait, assurément, un bon pécule, puisque rares étaient ceux capables de se vanter de pouvoir se procurer des produits de l'artisanat étranger. Se faisant, nombreux étaient ces "barbares" qui avaient vu certains membres de leurs familles s'installer à Sévignac même et profiter de ce mélange des cultures ; la civilisation empersoise ayant, malgré tout, du bon.

Finalement, l'un des chefs de clan répondit au sire empersois. Il s'exprimait dans un empersois correct, qu'il semblait avoir appris il y a quelques temps.

- Je suis Kaân, chef du clan Shevaens. Ces montagnes sont notre foyer. Pourquoi irions nous voir les notre mourir dans vos plaines, contre les guerriers d'un chef que nous ne connaissons ni de nom, ni de vue ? Avez-vous des preuves de ce vous avancez, étranger ?

_________________
Homo homini lupus.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Vertignol de Sévignac
Trop modeste pour être très fier.
avatar

Nombre de messages : 28
Age : 23
Localisation : Sur du sable
Date d'inscription : 23/09/2007

MessageSujet: Re: Ou l'on trouble la quiétude tribale   Mer 19 Mai - 14:46

Ainsi donc, les fiers barbares se montraient réticents ? C'était compréhensible, pour ainsi dire. Le seigneur Vertignol n'avait pas réputation d'homme généreux ou soucieux à ce point de la sécurité de ses voisins. Malgré tout, Vertignol sembla quelque peu déçu. Il pensait que les hommes des montagnes auraient été convaincus sans problème par l'homme civilisé, forcément plus sage et expérimenté ! Aussi regarda-t-il l'importun droit dans les yeux, en reprenant le flot de ses paroles :

"Vous souhaitez le nom de ce félon ? C'est la moindre des choses, en effet, mais le connaître ne vous apportera que peu de choses. Ainsi donc, cet homme, Serlon D'Orilly, s'est emparé du pouvoir par la force et la corruption, se créant ainsi autant d'alliés que d'ennemis. Je ne suis pas seul dans ma lutte, sachez-le. Un puissant seigneur, Bayard de Richemont, s'est rallié à ma cause, et son soutien m'est précieux. Il sait, tout comme moi, ce que désire l'empereur, et c'est pour cette raison que nous avons joint nos efforts. En ce moment même, une garnison composée de ses troupes a rejoint la garde de Sévignac ; si vous souhaitez une preuve, allez parler à leur commandant, et vous verrez que ces gens sont aussi désireux que moi de préserver notre liberté. Ces plaines ne sont pas les leurs, comme ce ne sont pas les vôtres, mais ils sont prêts à y mourir."

Vertignol marqua une pause, balaya l'assemblée de son regard, et se dirigea vers la porte. Il n'avait, après tout, plus rien à ajouter. Le choix appartenait aux barbares à présent : le rejoindre et préserver leurs montagnes, ou ne rien faire et vivre dans le danger d'une attaque inopposable. Du moins, c'est de cette façon que le seigneur Vertignol voyait les choses. Avant de prendre congé, il leur dit :

"Je ne vous demande pas d'accepter sur l'instant. Je comprends que vous deviez réfléchir, c'est une décision importante. Mais comprenez que l'heure est grave, et que le temps nous viendra à manquer lorsque les armées de l'empereur seront en marche. Il nous faut nous y préparer à l'avance. J'attendrai votre réponse."

Là-dessus, il s'inclina devant les chefs barbares, sortit du chalet et reprit son chemin après avoir appelé sa garde. La route était longue jusqu'à Sévignac.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Entité
Alias : les dés pipés.
avatar

Nombre de messages : 68
Date d'inscription : 28/03/2010

MessageSujet: Re: Ou l'on trouble la quiétude tribale   Mer 19 Mai - 17:57

L'assemblée des clans était restée silencieuse lors de la diatribe du sire de Sévignac. Aux noms évoqués, elle n'éleva pas même le sourcil. Ces noms empersois étaient si loin de la réalité des monts, et totalement hors propos passés les frontières. Il était toutefois difficile pour des personnes totalement extérieures à l'Empersiste de cerner l'importance des actes pris en son sein. L'Empire semblait allait en déclinant, personne, aux frontières, n'en doutait plus. Les garnisons impériales avaient, une à une, disparues. Les fiefs frontaliers, notamment ceux du sud-ouest, que les empersois appelaient "Ousbre" s'étaient vu détruits par quelques raids barbares. Les chefs de clans connaissaient ces signes avant coureurs. Les Skals s'apprêtaient à entrer en guerre, et celle-ci serait alors féroce, avec les défenses empersoises déjà mise à mal avant même le début du conflit.

Mais là n'était pas la question puisque le sire de Sévignac demandait leur aide contre l'Empersois. Qu'arriverait-il si les Skals lançaient de nouveau leurs raids, tandis que l'Empersois, lui, conquérait les monts, comme leur avait prédit Sévignac ?

Le sire était désormais sorti, et le vent froid lui frappait le visage, tant et si bien qu'il dû s'en abriter avec sa cape. Le temps s'était rafraichi, et ses hommes d'armes, qui avaient durant tout ce temps fait le pied de grue dehors semblaient frigorifiés, et fort aise de voir leur seigneur finalement sortir, et donc, de retourner à Sévignac. Alors qu'ils allaient reprendre leur route, la porte du chalet s'ouvrit derrière eux et l'un des chefs de clan héla Vertignol. Arrivé à son niveau, il lui exposa la situation.

- Les chefs de clans craignent une invasion. Nous savons que si les Skals attaquent, nous serons détruits. Votre aide sera aussi précieuse que la notre, c'est pourquoi nous vous aiderons. En échange, Sévignac devra défendre les notres et nous verser tribut régulier de vivres et matériels. Affaire conclue ?

_________________
Homo homini lupus.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Vertignol de Sévignac
Trop modeste pour être très fier.
avatar

Nombre de messages : 28
Age : 23
Localisation : Sur du sable
Date d'inscription : 23/09/2007

MessageSujet: Re: Ou l'on trouble la quiétude tribale   Jeu 20 Mai - 20:16

Sous sa barbe, Vertignol esquissa un sourire. Ainsi, les barbares acceptaient son offre sans plus de tergiversions, et lui accordaient une certaine confiance ? Il s'en trouva fort aise, assurément. Dans son esprit bouillonnèrent moult projets de tous genres, ses ambitions refoulées refaisant surface ; bientôt, se dit-il, il serait en mesure d'assurer la sauvegarde de ses biens ainsi que l'acquisition de nouveaux terrains, ce grâce à ses nouveaux alliés... L'on assisterait au renouveau de Sévignac, ville insignifiante perdue dans des monts sauvages dont personne n'avait cure... le monde sembla lui appartenir.
Il se ressaisit. Du temps passerait avant qu'il ne soit en mesure d'accomplir ses rêves. Alors qu'il répondit au chef barbare, il sembla bien moins cordial. Ils avaient besoin de lui, peut-être même plus que lui n'avait besoin d'eux. Il en était, de nouveau, fort aise.

"Ces termes me conviennent, et je les accepte. Nous nous protègerons mutuellement, et je vous ferai parvenir rations, matériaux et, bien sûr, armes. Ces montagnes sont dangereuses, c'est un fait."

Il s'épousseta le bras. De la neige tomba. Il était temps d'en finir avec ces tractations, le crépuscule approchait et apportait avec lui une brise des plus désagréables.

"Toutefois, la guerre gronde, et la plus grande partie des lames qui sortent de nos forges sont destinées aux troupes de Sévignac. Je tâcherai d'acquérir davantage de fer et d'atteler plus d'hommes aux fourneaux, mais je crains qu'avant une saison ou deux vous ne soyez pleinement satisfait de la quantité d'armes livrées. Quant au blé et aux outils, il ne devrait y avoir aucun problème. Oui, cela me semble parfait."
Il reprit un air amical, afficha un large sourire.
"Et bien, mon ami, l'affaire est conclue ! Je suis ravi que vous compreniez l'importance de cette alliance entre nos cultures. J'attends de vos nouvelles, et s'il m'est possible de régler un quelconque problème que vous causeraient les Skals, prévenez-moi. Ces bandits se sont montrés agressifs ces derniers temps, et une attaque serait à redouter."

Il en avait assez de parler. L'accord étant conclu, il adressa au chef une salutation, s'emmitoufla dans son épais manteau et reprit sa marche.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Ou l'on trouble la quiétude tribale   

Revenir en haut Aller en bas
 
Ou l'on trouble la quiétude tribale
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Un monstre polymorphe perturbe la quiétude d'une petite ville sud-africaine
» réveils intempestifs bebe 14 mois
» La quiétude dans la prière
» ressentis du au exercices d'equilibre
» Le bonheur et la quiétude

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Retrahant, Ere impériale :: ¤ Role Play ¤ :: Grandes Quêtes & Petites Racontôtes-
Sauter vers: