Retrahant, Ere impériale


 
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 La renaissance du comte de Smaragd

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Serlon d'Orilly
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MessageSujet: La renaissance du comte de Smaragd   Mar 18 Mai - 14:48

Des années avaient passé depuis que Serlon s’était saisi d’Ephyne. Il était, alors, populaire et fringuant, soutenu par l’armée et respecté par ses ennemis. Bien sûr, ce coup d’éclat, à défaut d’être un réel coup d’Etat, avait provoqué des dissensions. Les grands duchés s’échauffaient, son propre duc, le duc d’Ousbre, ne l’avait pas reconnu, exigeant une assemblée seigneuriale, réunissant ainsi les pairs de l’Empire pour le désigner comme le digne successeur de Baudoin, le dernier empereur de la maison de Dahen. Le comté de Salvine avait même déclaré son indépendance, faisant sécession, désertant l’Empire et, subséquemment, abandonnant Serlon.

Serlon aurait dû répliquer incontinent, écrasant la rébellion dans l’œuf. Hélas, il n’en eut pas l’occasion. Une maladie, aussi fulgurante que grave le prit, le plongeant dans un état de faiblesse tel qu’il lui fut impossible de régner comme il l’entendait. Cloué au lit, enfermé par ses propres vassaux et serviteurs, qui craignaient que la chose ne s’ébruite et que le peuple, favorable à Serlon, commence à craindre qu’il ne soit affecté de quelque malédiction. En effet, la succession sur Baudoin était difficile, tortueuse. Peu de prétendant au trône, mais beaucoup de détracteurs. Le jeune Serlon, à l’époque, avait acheté de nombreux soutiens. La garde, l’armée, l’Université, tous le servaient et assuraient sa bonne image et sa sécurité au sein de la cité impériale. Mais cette maladie, puisse-t-elle être maudite, avait miné cette base solide.

Pendant des années, les médecins furent amenés au chevet du soi disant empereur, tentant toutes les théories contre cette maladie connue mais connue pour être incurable. Les visites furent d’abord secrètes, mais au bout de quelques mois, les rumeurs sur l’état de Serlon furent confirmées par les déclarations des hommes de la cour et physiciens et chirurgiens vinrent officiellement, reçus en grande pompe, prétendant tous connaître le remède aux maux du seigneur. Peu d’entre eux sauvèrent la face, et un nombre encore plus réduit réussit à sauver leur tête. Prostré dans la plus pitoyable faiblesse, Serlon ne pouvait compter que sur ses premiers vassaux, quelques lames liges importées avec lui dans la capitale. Certains des Gardiens qu’il avait maintenu reprirent leur activité, et de nombreux parvenus s’installèrent à la cour, rejoignant les diverses factions qui souhaitaient régner. Les affaires de l’Etat étaient délaissée et, dit-on, certains firent même couler le sang dans le Palais des Dahénides. Ce fut une sombre période pour tous. Le peuple, écrasé à nouveau par les taxes et malmenés par les différentes factions, qui avaient recruté de nombreux spadassins et autres gens d’épée et non de vertu, en vint rapidement à regretter Serlon, paradoxalement.

Mais après des années de philtres inefficaces, de mixtions ignobles et délétères, de traitements inhumains et stupides, Serlon se releva. Malgré cet empoisonnement, malgré l’instabilité qui régnait au sein de sa propre demeure, il recouvra sa santé. Il avait cependant vieilli et n’était plus un jeune fringant, bien qu’il restât un homme dans la force de l’âge. Une fois assuré de son autorité, il fit décapiter beaucoup des hommes qui osèrent manœuvrer dans son ombre en oubliant cette lumière crue et caricaturale qui les éclairait, les yeux débiles d’une populace avide de coupables et de sanctions. Le comte de Smaragd, dans sa renaissance, s’appuya sur les prises offertes par un monceau de cadavres. Sa nouvelle vie commençait dans le sang, mais tout était bon pour recouvrir l’ancienne aura qui entourait le prince impérial.

Une fois ceci fait, Serlon s’intéressa enfin aux affaires extérieures, découvrant rapidement à quel point l’Empire avait plongé dans le chaos pendant ses années de passivité. Comprenant qu’il fallait une stabilité à ce qu’il considérait comme son royaume, il se mit en charge de frapper à nouveau la monnaie impériale, à activer les mines, à consolider ses vassaux et généraux. Plus important encore, le prince impérial, ayant atteint quarante ans, se devait d’offrir un héritier à sa couronne et à sa maison. Pensant que cela serait un bon moyen de sonder la grande noblesse de l’empire, il décida d’envoyer des estafettes aux quatre coins du pays, ces dernières ayant pour objectif de faire savoir la nouvelle, l’empereur cherchait une femme, une impératrice.
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MessageSujet: Re: La renaissance du comte de Smaragd   Mar 18 Mai - 19:00

Ces années furent longues et éprouvantes pour le Peuple, qu'il s'agisse du peuple éphynois que du peuple empersois. En effet, pendant ces presque dix années ou l'Empereur rongé par un mal qui semblait incurable, se trouvait enfermé au Palais impérial, l'empire, pendant un temps, s'en trouva laissé à sa propre dérive, sans tête pour le diriger. A ce mal qui ne semblait pouvoir être guéri, le message de la Très Sainte Eglise Gaedienne fut qu'il s'agissait, à n'en point douter, d'un châtiment divin envers celui qui avait voulu usurper le pouvoir, et ainsi même s'assoir sur le trône du représentant terrestre de Gaed sur Retrahant ; sur le trône de l'Empire.

Cette vision des choses, qui s'était alors répandu dans la cité-mère comme une trainée de poudre, attira l'ire des partisans du Comte de Smaradg, qui luttait chaque jour entre la vie et la mort. Tant et si bien qu'après une énième rixte opposant partisans de l'Eglise et de l'Empereur, et l'assassinat d'un haut dignitaire de l'Eglise ayant ouvertement traité l'Empereur d'Orilly de "vermine méloïte", le Saint Patron conclua qu'il n'était plus en sécurité dans les murs de la Belle. Le sang appelait le sang, et qui allait empêcher ces nobles de continuer, puisqu'aucun pouvoir ne sortait du Palais ?

Le Saint Patron averti alors le Comté de Sanilve de sa décision de quitter la Belle, et d'installer le nouveau fief de la religion Gaedienne à Sanilve. En échange de la sécurité du Saint Patron et de son Eglise, Sanilve deviendrait la nouvelle cité patronale, ce qui, en terme de richesse et de rayonnement culturel, pesait lourd dans la balance.

La cité impériale était alors livrée à elle-même et aux caprices des nobles qui, sans personne pour les rappeler à l'ordre, transfèrent Ephyne en une cité morcelées entre les diverses influences des maisons nobles, Smaradg en tête. Les règlements de compte et les assassinats ne furent jamais plus nombreux que durant ces dix années, tant et si bien que les rues étaint jonchés de cadavres et que les eaux du fleuve Alkinn n'avaient jamais été aussi rouge.

Le pouvoir d'Ephyne s'était étiolé, tant bien même qu'après ces dix années, il advenait fort possible que les nobles provinciaux les plus hardis en aient oublié leurs devoirs de vassalité envers la couronne. Quant aux nobles d'Ephyne même, l'Empereur aurait alors fort à faire pour apaiser la situation, et son pouvoir n'avait alors jamais été aussi instable.

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Serlon d'Orilly
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MessageSujet: Re: La renaissance du comte de Smaragd   Mar 18 Mai - 23:14

Lorsqu’il fut mis aux courants des affaires de l’Eglise, le comte de Smaragd n’en revint pas. C’était peut-être la première fois que le Saint Patron désertait la cité impériale pour se réfugier dans une autre cité. Voyant que cette dernière prenait de plus en plus de distance par rapport au pouvoir temporel, qui devrait être son protecteur ainsi que son représentant, le prince impérial s’affola et comprit que la stabilité de son trône ne se réduirait point seulement à la naissance d’un héritier. Il fallait faire revenir l’Eglise dans le giron de l’Empire, si vous me passe l’expression, de gré ou de force.

N’attendant pas un seul instant, le comte fit convoquer le recteur de l’Université d’Ephyne ainsi que les premiers appariteurs de théologie ainsi que de droit et leur demanda de trouver dans la Tradition une règle liant le Saint Patron à Ephyne, la cité impériale. Il fit envoyer des missives cachetées au Parlement de Smaragd, qui serait chargé, lui aussi, de trouver une faille juridique à cet exil importun. Ceci fait, il fit envoyer une autre missive, plus officielle, au Saint Patron. Dans cette lettre, il expliquait que les troubles, lié à la faiblesse de sa personne, n'étaient plus de mise dans la Belle, et qu'il promettait au souverain pontife la protection de tout l'Etat s'il siégeait à nouveau dans la cité d'Ephyne.
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MessageSujet: Re: La renaissance du comte de Smaragd   Jeu 20 Mai - 13:25

Ephyne s'était renfermée sur elle-même après la prise de pouvoir du Comte d'Orilly, Prince Impériale et désormais Empereur autoproclamé. Or, sa maladie fulgurante, le coupant du monde et l'empêchant d'administrer jusqu'à la plus petite des tâches laissait alors l'Empire décapité, sans tête dirigeante. Les premières semaines, la situation ne sembla pourtant inquiétante. L'Empereur était certes mal portant, mais personne ne se doutait alors que cette maladie n'allait faire qu'empirer. Pourtant, l'observateur avisé pouvait déjà voir les dissensions germer entre les nobles de l'empire et les princes de l'Eglise.

La situation changea finalement lorsqu'à la demande du Capitaine de la garde impériale, Thierry de Fons tourna à nouveau sa veste. Initialement membre des Gardiens d'Ephyne, le capitaine rallia alors la cause du Comte de Smaragd, appâté par l'or et la promesses de charges. Il avait été celui qui avait mis aux fers les autres membres des Gardiens, ses anciens confrères. Toutefois, la maladie d'Orilly affaiblissait sa position. Il était temps de changer de bord, et c'est donc sur l'ordre du capitaine de la Garde Ephynoise que furent relâchés les Gardiens, au nez et à la barbe des Smaragdistes.

Ephyne finit alors par éclater, rongé par les complots de ses nobles qui, sans pouvoir supérieur pour les encadrer, se livraient des guerres intestines dans le seul but d'augmenter leur propre puissance. Henri d'Epernon, leader des Gardiens, s'érigea en furieux opposant de l'Empereur malade. On le soupçonnait d'avoir trempé dans l'assassinat du Prince de l'Eglise Michel d'Absercus, frère du sire Jeylhïm de Zmeya, qui aurait du être le prétendant de la Très Sainte Eglise pour le trône de l'Empire. L'Eglise s'était vu prise de cours, impossible de mettre en avant son candidat, et cet assassinat n'avait fait qu'exacerber le conflit qui opposait désormais l'Eglise de Gaed à la maison d'Orilly.

L'assassinat de ce Prince de l'Eglise s'était déroulé à Ephyne, au sein même du Palais Impérial. On ne savait que peu de choses sur cet évènement sordide. Michel d'Absercus, se rendant au Palais Impérial pour y rencontrer Henri d'Epernon, s'était vu encerclé par quatre hommes d'armes portant les couleurs de Smaragd et transpercé de part en part, devant témoins. Il s'agissait des hommes d'armes d'un des Barons de Smaragd, emmenés à Ephyne par le Comte. Les rumeurs racontaient que l'assassinat aurait pu être commandé par le Comte. D'autres, protestait, arguant que la vertu du Comte - ou la maladie - l'aurait empêché d'orchestrer un tel acte.

Quant aux autres Gardiens, dont Raphaël Desmarnes et Guy de Fumerolles, s'étaient évertués à se tailler une part de lion dans les richesses éphynoises, tant et si bien que désormais la cité était partagée en plusieurs zones d'influences ; Les Smaragdiens, installés autour du Palais Impérial et de l'Université, les partisans des Gardiens, centrés sur les quartiers marchands et nobles, et enfin, le Cartel, une organisation de voleurs et de bandits, régentant désormais les quartiers populaires de la capitale ou la milice s'en trouvait rongée par la corruption.

Le vent du changement, sortant du Palais impérial après le rétablissement du Prince impérial, annonçait de nouveaux troubles. Le recteur de l'Université d'Ephyne ainsi que les appariteurs de théologie se présentèrent devant Serlon d'Orilly. Le recteur put alors annoncer à Serlon la gravité de la situation au sein même de l'Université. Ces années sans pouvoir stable avaient grandement profité à Henri d'Epernon qui avait rallié un nombre important de partisans. Désormais, la majorité au Comte n'était plus assurée au sein même de l'Université. Trop de scandales avaient éclaté, servant ainsi la cause d'Epernon.

Sur le plan théologique, Serlon d'Orilly semblait être plus chanceux. Reprenant les textes sacrés, Serlon trouvait la preuve dans la voix même de Gaed de l'importance pour le Saint Patron de vivre dans la cité sainte. Toutefois, l'assassinat pesait lourd dans la balance, et un simple argument théologique ne pèserait alors pas lourd face à la sécurité du Saint Patron. Il faudrait plus ; qu'il s'agisse d'actes réinstaurant le calme et la loi au sein de la Belle, ou bien la force, en assignant à résidence le Saint Patron à Ephyne.

Toutefois, cette décision serait à prendre avec sérieux. Suite à la lettre de Serlon, le Saint Patron s'était montré sévèrement obstiné quant à instaurer Sanilve en tant que nouvelle capitale religieuse. La lettre se trouvait aussi et surtout parsemée de menaces d'excommunication en cas "de nouvel acte inconsidéré" partant du Palais impérial.

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Paul de Dermak
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MessageSujet: Re: La renaissance du comte de Smaragd   Jeu 20 Mai - 16:38

Dans le même temps, à Sanilve, tout était fait pour garder le Saint Patron au cœur de la cité.
Les services de l'évêché avaient installé le saint homme dans un monastère fortifié, adossé à une colline. Les hautes murailles étaient lisses, les douves étaient profondes, et les archers compétents. L'entrée dans le monastère était difficile pour qui ne portait pas un laisser-passer en bonne et due forme.
Les habitants du petit village surplombé par le grand monastère avaient subi des interrogatoires plutôt musclés, et on avait préféré déplacer -ou enfermer- les gens dont la foi pouvait vaciller.

L'architecture intérieure du monastère, elle, était soignée. Le magnifique cloitre donnait au lieu la sérénité nécessaire à une vie dédiée à Gaëd. Les bons moines ventripotents qui y séjournaient avaient été remplacés par les hommes du Saint Patron, une bibliothèque avait été constituée et les appartements de l'abbé avaient vu le confort s'installer.

L'influence du monastère sur la vie des habitants avait grandi, et le Saint Patron et ses hommes bénéficiaient d'une relative indépendance. L'Évêque lui même se déplaçait régulièrement, pour prendre conseil auprès de son supérieur, ou tout simplement pour discuter en théologiens.
Décidément, se disait d'ailleurs Charles, le Saint Patron serait bien fou de repartir à Ephyne.
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Keoren

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MessageSujet: Re: La renaissance du comte de Smaragd   Jeu 20 Mai - 19:39

A des lieux de toutes les intrigues inhérentes aux histoires du pouvoir impériale, dans la cité neuve de Shekeriin rebâtie et refortifiée depuis le passage de l'Ousbre et des barbares, le messager de l'empereur apportant son étonnante requête fut reçus comme tout ceux qui venait en paix en Sheker pouvaient espérer. Hélas, ne pouvant y accéder favorablement le marquis prit soin de bien faire comprendre a l'envoyé de l'empereur, que sa famille ne faisait pas grise mine a l'empersiste, mais que l'absence d'enfant de sexe féminin en sein de sa lignée était la seul raison de ce refus. Ne voulant pas faire l'affront de présenter a l'empereur des femmes de petites noblesse, il fit donc renvoyer l'émissaire, accompagné de ses plus plates excuses.
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Tiphaine de Nagor

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MessageSujet: Re: La renaissance du comte de Smaragd   Jeu 20 Mai - 23:34

Un émissaire abhorant les armes du Vicomté de Sritye fut envoyé à Ephyne. Tel était le contenu de la missive qu'il transmit à l'intendance du Comte :

Comte de Serlon d'Orilly,

Tout d'abord, il serait un honneur que nos deux familles soient liées par un mariage.

Je vais être franche. Il est évident que cette proposition en mariage serait opportune pour le Vicomté de Sritye. Nous pourrions ainsi retrouver nos anciens titres de noblesse. En effet, sous prétexte qu'une de ses filles ait succédé à mon père, notre regetté Roi Baudoin enleva le titre de Comté à notre domaine.

C'est pourquoi, je peux vous proposer comme épouse une de mes jeunes soeurs.

Avec tout mon respect,

Tiphaine de Nagor
Vicomtesse de Sritye.
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Serlon d'Orilly
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MessageSujet: Re: La renaissance du comte de Smaragd   Ven 21 Mai - 22:16

L'empereur et sa suite rentrèrent plus vite que prévu de la partie de chasse qui s'était déroulée, quelques jours plus tôt, dans les bois de Smaragd, la terre d'origine de Serlon d'Orilly. Cette chasse s'était couplée à une tentative d'assassinat du duc d'Ousbre, principal invité de la rencontre diplomatique entre ces deux renards d'Ephyne et de Richemont. l'assassinat avait certes été commandité et éventé par les hommes du duc, Serlon n'en trouva pas moins l'opportunité de faire de cet échec cuisant et cet incident diplomatique terriblement un prétexte à la purge que demandait Ephyne.

Une fois revenu au Palais des Dahénides, il fit mander ses clercs et ses hommes de loi, s'installa confortablement dans la salle du conseil, accompagné de ses féaux les plus proches ainsi que de ses conseillers de tout ordre, et expliqua la situation avec ces mots.

"Messires, Vos Graces, l'heure est dure. Encore une fois, la perfidie des Gardiens s'est révélée au grand-jour. Je reviens à peine d'une tentative d'assassinat des gardes impériaux, ces hommes qui avaient juré de protéger ma vie coûte que coûte. C'est la félonie la plus grave et le sacrilège le plus grand. Le capitaine Thierry de Fons s'est rendu coupable de parjure et de tentative de régicide, tout comme tous les hommes qu'il avait à sa charge et qui ont subi son influence perverse.

Au nom de l'Empire, nous avons décidé que tous les hommes de la garde impériale seraient mis aux arrêts et passeraient à la Question. La douleur saura délier leur langue et la souffrance distinguera le vrai du faux. L'affaire sera mise au clair, messieurs, je puis vous l'assurer. Déjà, nos hommes sont en train de débarrasser le palais de cette canaille.

Vénérable (c'était l'usage pour le Recteur de l'Université d'Ephyne), nous voulons que l'Université déclare sa position à ce sujet. Vous ferez confier les débats, afin que nous puissions les lire, pour notre plus grand plaisir."

Ca y est, la purge commençait. La garde impériale, qui avait su tirer une grande force de sa position de protectrice du palais et de l'empereur pendant la maladie de ce dernier, s'était vite émancipé de son autorité, et son capitaine, Thierry de Fons, qui était devenu un homme riche lorsqu'il trahit ses compagnons les Gardiens, avait une fois de trop tourner casaque. Il avait libéré les Gardiens, et à présent, il paierait cher ses excès. Quant à l'Université, l'empereur comptait sur cette affaire pour découvrir précisément les détracteurs qui se trouvaient en son sein et agir en conséquence.

Serlon se réveillait, et le sang, encore et toujours, allait couler. Mais parlons plutôt des demandes de mariage que certaines seigneuries avaient bien voulu faire à l'empereur à sa demande. Le choix serait difficile, tant certains des potentiels alliés familiaux étaient puissants à l'heure actuelle, cependant, il ordonna à ses clercs de répondre à chacun en expliquant qu'il était flatté et que sa décision serait prise plus tard dans l'année.
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MessageSujet: Re: La renaissance du comte de Smaragd   Sam 22 Mai - 16:38

La nuit n'avait pas été de tout repos pour tous. Dans le Bastion, la prison Ephynoise, située dans les vieux quartiers, ce cartel pénitencier était une plateforme militaire imprenable, à la bien sombre réputation. "Quant on entre au Bastion, on n'en sort que par les douves. Et les pieds devant." Racontait le populaire local. Il était en effet chuchoté dans les tavernes que la garde locale ne s'embarrassait pas à évacuer les morts régulièrement comme il en était fait dans le passé. Depuis que Serlon d'Orilly avait pris le pouvoir et avait laissé Ephyne libre de ses mouvements, la garde avait tendance à simplement jeter les corps dans les douves, qui se trouvaient directement reliés au fleuve Alkinn, qui traversait la capitale. Le Bastion se trouvait être, en sorte, une immense tour fortifiée sur une île, en pleine Ephyne.

Cette nuit là donc, la tour n'avait pas été silencieuse, comme à l'accoutumée. Le râle d'agonie des uns cédait le pas aux cris de douleur des autres. Malgré les épais murs, les résultats des bourreaux d'Orilly étaient audibles aux abords de la sinistre prison. A l'intérieur, le châtiment infligé aux Gardes impériaux était d'une cruauté particulièrement recherchée, en particulier pour Thierry de Fons. Mais il ne céda pas.

Dès la première nuit, Serlon avait déjà une pléthore d'aveux en tout genre, proférés par bon nombre de gardes. Des aveux de meurtres, de crimes et de trahison envers l'Empire, mais aussi des aveux religieux. Les Gardes s'étaient selon eux voués à Meloï. Aucun ne parlait des Gardiens, toutefois. Seul restait muet Thierry de Fons, n'ayant parlé qu'une simple foi. Entre deux malédictions lancées sur la personne du Comte d'Orilly, il demanda à le voir. Sa requête se perdit bientôt dans ses propres cris de douleur.

Du côté de l'Université, ces preuves, minces, n'offriraient pour l'instant que la preuve de l'innocence du Comte auprès des seuls convaincus. Pour les autres... Ces preuves n'émanaient que de soldats de moindre importance. Thierry de Fons devait parler, pour que le débat puisse enfin tourner en la faveur du Comte d'Orilly.

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MessageSujet: Re: La renaissance du comte de Smaragd   Sam 22 Mai - 17:16

Observant deux hétaïres s'enlacer sous le feu sombre des braseros, l'empereur faisait tournoyer sa lourde coupe d'or, voyant le vin de Smaragd, noir comme le sang, s'animer sous le poignet régulier et blasé de son possesseur. Sirotant pensivement ce vieil ambré de cette cité où il était né et avait grandi de corps comme d'esprit, il était prostré dans son apathie nocturne, une habitude qu'il avait pris depuis quelques temps. L'état de grâce de l'après-maladie s'était vite éteinte, et le front de Serlon s'était plissé de rides sous la lourdeur de ses soucis.

Bientôt, l'un de ses fidèles vint soulever l'un des lourds brocards qui enveloppaient la chambre impériale. Après une légère révérence, ce dernier s'approcha, appréciant d'un coup d'oeil audacieux le spectacle, et glissa à l'oreille de l'empereur que Thierry de Fons, implacable, désirait le voir. Serlon grogna et noya son humeur dans une gorgée de ce vin délicieux.

"Je viendrai bientôt. Ménagez-le, pendant ce temps."

Et en effet, le surlendemain, lorsque l'aurore s'installait, Serlon entra dans la cellule de son ancien capitaine, ce Thierry de Fons qui avait, en grande partie, permit son coup d'Etat, qui avait permis son accession au trône d'Ephyne. Son coeur se serait attendri à cette sinistre tragédie, s'il avait été plus jeune et plus fort, mais dans les yeux du comte de Smaragd, on ne pouvait lire que lassitude, cynisme.

"Me voilà," se contenta-t-il d'articuler, laconique comme il l'était à présent. Et pendant qu'il contemplait le visage crispé de son à présent ennemi quoique cadavre en puissance, le bon Serlon tenta de se rappeler si le capitaine de la garde impériale avait une famille, une quelconque parenté, quoi que ce soit qui aurait pu lui faire avouer.
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MessageSujet: Re: La renaissance du comte de Smaragd   Dim 23 Mai - 16:17

L'homme, brisé, se trouvait allongé dans sa couche de paille malodorante, ou le sang se mélangeait aux déjections corporelles. La pièce était fort petite, totalement dénuée du moindre entretien, et sans la moindre ouverture pour y dispenser un peu l'air pur et de lumière. C'était à la lueur des torches du long couloir que Serlon pouvait distinguer celui qui essayait bientôt de se relever pour faire face, tout enchaîné qu'il était à un pan de mur. Un silence s'installa avant que Thierry de Fons ne le brise, haletant.

- D'Orilly. Quel monstre ont crée les Gardiens ? Quel monstre, avons-nous crée ?

Il se laissa choir sur sa paillasse et tenta de reprendre.

- Vous n'aurez pas ce que vous désirez avec moi, pas comme cela. Je... Je vous connais, d'Orilly. Je ne suis pas croyant, je pense que la politique et la religion ne peuvent vivre ensemble. Et pourtant, pourtant, vous, vous ne pouvez être qu'un fils de Meloï, tant la cruauté tient la part belle à votre coeur. Je sais ce dont vous êtes capable pour me faire parler, en cela je serais bref. Promettez-moi que de laisser ma famille en dehors de cela et j'avouerai tout, assez pour vous permettre d'inculper d'Epernon pour trahison envers la couronne. Mais... La sécurité des miens passe avant tout. Si vous me trahissez d'Orilly, jamais je ne parlerai.

Jamais.

Le capitaine déchu se tût alors, laissant tomber sa tête contre le mur sale. A quand la fin du cauchemar ?

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MessageSujet: Re: La renaissance du comte de Smaragd   Dim 23 Mai - 17:01

Le front ridé de l'empereur s'éclaira soudain et derrière le lourd mouchoir de soie qui recouvrait la moitié inférieure du visage de ce dernier, on aurait pu lire un sourire béat. Lorsqu'il fit redescendre ce bout de tissu, cependant, plus aucune moue, juste un visage énigmatique, froid, un regard placide et fatigue. Après un temps de flottement, il se contenta de dire.

"Changez-le de cellule. Digne de son rang."

Ceci dit, il sortir, accompagné par la suite réduite de fidèles qui l'avait suivi.
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MessageSujet: Re: La renaissance du comte de Smaragd   Dim 23 Mai - 20:04

Cette preuve de clémence était inespérée pour un homme dans sa situation. Bien que reconnaissant de cet acte, Thierry de Fons se refusa de remercier son bourreau. Il se contenta de relever la tête et d'essayer d'entrevoir le visage de celui qui l'avait fait pourrir ici ces quelques jours. C'était entendu, Thierry de Fons parlerait, mais pas tant qu'il ne recevrait pas la preuve que le Comte ne toucherait pas à sa famille. Malgré tout, il demanda du papier et de la cire. Il était prêt à écrire les preuves dont avaient besoin les Smaragdiens pour assurer leur main mise sur l'Université et Ephyne, et, se faisant, renverser une fois de plus d'Epernon et les Gardiens qui avaient, jusqu'ici, morcelés Ephyne.

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