Retrahant, Ere impériale


 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 Partie de chasse à Smaragd

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Serlon d'Orilly
Mon cul sur ton trône.
avatar

Nombre de messages : 63
Date d'inscription : 30/03/2010

MessageSujet: Partie de chasse à Smaragd   Jeu 20 Mai - 22:54

Lorsque l'Empereur n'allait pas bien, l'Empire n'allait pas bien. Cependant, si Serlon avait pu guérir d'un coup, l'Empersiste, lui, ne pouvait se remettre d'un coup d'une absence de pouvoir qui dura dix années. Les guerres s'étaient succédées et, dans la cité impériale, l'ambiance était à la tension. L'Empereur, avant de s'occuper de cette marmite de sorcière, devait clarifier ses relations avec les autres grands de l'Empire. S'occupant des deux grands ducs, il consolida rapidement sa position auprès du duc d'Aquilon puis s'occupa de l'Ousbre, sa patrie.

Pour cela, il entretint une certaine relation épistolaire avec le duc d'Ousbre et organisa une rencontre dans l'un des bois de Smaragd. Accompagné de deux centaines d'hommes d'armes et de sa suite, il s'installa au Trianon smaragdun.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Bayard de Richemont

avatar

Nombre de messages : 47
Date d'inscription : 31/03/2010

MessageSujet: Re: Partie de chasse à Smaragd   Jeu 20 Mai - 23:14

Le Duc d'Ousbre avait vieilli depuis leur dernière rencontre. Dix années avaient passées, dix années ou l'Ousbre s'était tenu en marge des affaires de l'Empire, trop occupé à lécher ses panser ses plaies, plaies infligées par son désormais rival, le duc d'Aquilon. Pas une fois durant ces ans, le duc d'Ousbre ne rendit visite au Prince d'Orilly, ni même ne dépêcha d'émissaire à Ephyne. On racontait que sans pouvoir installé à sa tête, la cité avait sombré dans le vice et la corruption. La position de l'Ousbre aurait pu être mal interprété dans ces temps troublés, et le duc n'avait alors jamais eu le désir de risquer la vie du moindre de ses gens dans ce nids à frelons.

L'Ousbre était, de toute façon, fort suffisant en tracas pour le duc. Sa personne n'allait pas en rajeunissant, et il lui fallait planifier la pérénité de sa lignée. Certes, il avait bien un fils, mais ce jeune dandy approchait bientôt de la trentaine d'années et n'avait toujours pas apporté d'héritier, ni même de femme. On en venait à douter de sa virilité, au sein même de la cour de Richemont, et cela, disait-on, préoccupait fort son père le Duc. D'autres problèmes plus physiques secouaient Ousbre. Nombreux avaient été les fiefs qui furent détruits durant la guerre civile opposant Ousbre à Aquilon, et la présence barbare n'avait pas non plus cessée. Aibrechêne avait disparu sous les coups des barbares, ne laissant que ruines d'un bastion autrefois fier et noble. Cette perte se trouvait être, sur le plan stratégie, immense, car le duc avait, se faisant, perdu son plus gros fortin bloquant la route sud de Richemont aux possibles raids barbares. Il faudrait donc y installer des garnisons, mais à quel coût ?
Cette guerre civile s'était vu aussi l'occasion de rallier quelques nobles au duché, et il fallait s'assurer quotidiennement de leur fidélité. Plus encore, Sévignac demandait un soutien militaire, et Oste voulait nouer des liens entre les deux duchés. Mais désormais, il fallait faire grand cas du Comte de Smaragd. Il avait un empire sur les bras désormais. Un empire branlant et menacé de nombreuses parts, mais que pouvait faire Ousbre dans tout cela ?

C'est donc avec ces questions en tête que le vieux duc se rendit à Smaragd, comté d'Ousbre, répondant à l'invitation du Prince impérial. Il était accompagné de cent hommes d'armes et d'autant de valets et de servants, tous aux couleurs du duché. Une fois prêt et ayant revêtu ses habits de chasse, le duc se présenta devant le trianon de Serlon d'Orilly, flanqué de quelques autres nobles de la cour ducale, emmenés pour l'occasion.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Serlon d'Orilly
Mon cul sur ton trône.
avatar

Nombre de messages : 63
Date d'inscription : 30/03/2010

MessageSujet: Re: Partie de chasse à Smaragd   Jeu 20 Mai - 23:32

Une fois qu'on eut rencontré tout le monde et que les salutations soient faites, on alla souper dans le trianon en lui même. Le soir venu, donc, et la table installée, Serlon, qui avait fait placer le duc grisonnant à sa droite, attaque de but en blanc. Il n'avait plus le temps pour les fioritures et sa maladie lui avait volé beaucoup d'années.

"Messire, comment se porte le duché ? L'Empire, lui, commence sa déliquescence, et j'espère vous avoir de mon côté pour le redresser. Les anciennes querelles doivent être éteintes, pardonnées ou juste oubliée. Nous avons bien trop à faire avec les païens et les traîtres."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Bayard de Richemont

avatar

Nombre de messages : 47
Date d'inscription : 31/03/2010

MessageSujet: Re: Partie de chasse à Smaragd   Jeu 20 Mai - 23:40

La brusquerie du Comte de Smaragd surpris Bayard de Richemont. En effet, dans ses souvenirs, l'homme était plus à la fioriture et aux protocoles qu'aux questions envoyées de but en blanc, précises et incisives. Le Duc le regarda un instant sans trop comprendre avant de se reformer et de lui répondre d'un ton direct et sûr.

- Ousbre s'est déjà mieux porté, sachez-le. Les ravages causés par Aquilon sont encore visibles dans ma campagne, et il apparait comme de plus en plus ardu de maintenir les barbares du sud hors de mes terres. Leur témérité devient préoccupante au point que je songe à organiser une expédition punitive au sein même de leurs terres désolées.

Il but alors quelques gorgées de vin et mangea quelques viandes avant de reprendre.

- Mais j'imagine que l'Ousbre n'est pas votre préoccupation première. D'après ce que j'ai entendu, Ephyne semble rongée par le désir de pouvoir de plus d'un parvenu. Qu'attendez-vous réellement d'Ousbre, Comte ?

Assurément, le Duc d'Ousbre mettait un point d'honneur à ne pas reconnaître l'ascession au pouvoir de Serlon d'Orilly. Il semblait rester à ses yeux ce comte jeune et ambitieux qui s'était emparé du trône sans autre forme de procès.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Serlon d'Orilly
Mon cul sur ton trône.
avatar

Nombre de messages : 63
Date d'inscription : 30/03/2010

MessageSujet: Re: Partie de chasse à Smaragd   Jeu 20 Mai - 23:55

Ecoutant son vis-à-vis tout en dégustant un cuisseau de cerf, le comte de Smaragd, au visage émacié par la maladie et, plus encore, par la fatigue provoquée par sa situation difficile, était certes devenu un homme moins jovial, plus froid, donc, mais surtout plus lapidaire.

"Ce que j'attends du duché d'Ousbre, messire, c'est qu'il me soutienne dans ma lutte pour redresser les institutions de mon empire. Bien sûr, je vous sais opposer à mes prétentions sur le trône d'Ephyne et je ne suis pas en position de vous demander de l'accepter. Cependant, je risque de me maintenir, vous le savez. Aucun héritier n'est apparu, et cela fait des décennies déjà. Mon assise est encore faible, mais mes soutiens se multiplient. Il vous faut reconnaître mon règne, mon ascension au rang d'empereur, ou reconnaître mon héritier.

Nous n'avons plus le temps de faire la fine bouche. Je vais agir pour renforcer l'Empire et vous, vous me soutiendrez ou vous garderez d'une quelconque atteinte à Ephyne, car vous savez, tout comme moi, que ma situation va me permettre de stabiliser l'Empersiste, de faire renaître la dynastie impériale. Sans moi, le chaos s'installera durablement, et tous ces courtisans avides d'Ephyne continueront à faire passer leur intérêt avant celui des Terres de Dieu. Cependant, sans vous, je suis condamné à l'inaction, à l'inertie et, tôt ou tard, les factions se multiplieront, les seigneurs se montreront plus indépendants et pourraient prendre pour exemple le comte de Sanilve. Pis, une fois l'Empire morcelé, les barbares n'auront plus qu'à prendre d'assaut nos frontières.

Ce n'est pas ce que nous voulons, messire."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Bayard de Richemont

avatar

Nombre de messages : 47
Date d'inscription : 31/03/2010

MessageSujet: Re: Partie de chasse à Smaragd   Ven 21 Mai - 0:09

Le Duc d'Ousbre s'était posé en spectateur de tout ceci, et ne pouvait, à son propre déplaisir, invalider le portrait qu'avait peint Serlon d'Orilly. Bayard de Richemont s'était alors peint le même il y a déjà quelques temps, avant que le Comte ne revienne à la vie politique. Ephyne était considérée comme perdue, et Ousbre seule. Seule, face aux barbares ? C'était une situation impossible à tenir, d'où ses prises de contact avec les seigneurs et ducs voisins. Ousbre était donc pleinement conscient de la nécessité pour la survie de l'Empire de se rallier à la bannière de la maison d'Orilly. Et pourtant. Pourtant, de nombreux obstacles lui revenaient en mémoire. Tout d'abord, la prise de pouvoir de Serlon. En elle-même, il ne s'agissait là que d'un putsch, et rien d'autre. Cela, le duc pouvait désormais l'oublier, car la regarde d'Orilly était fondée. En dix années, pas un noble de l'Empire ne s'était proposé pour lui ravir sa couronne si mal acquise. Peut-être était donc sienne, malgré tout ?

Aquilon était le deuxième rempart vers une entente possible. Ousbre savait qu'Orilly et Aquilon entretenaient des rapports cordiaux. Or, depuis l'épisode de la guerre civile, Ousbre et Aquilon était en froid, pour parler courtoisement. Bien que le duc d'Ousbre s'était montré clément, cela avait été fait dans l'unique but de blesser encore plus profondément la fierté exacerbée du Rrotk.

- Parlons plus avant sans ambages, Comte. Comme vous l'avez dit, mon aide vous est précieuse pour rétablir la paix. Or, je désire aussi la paix. La paix en Ousbre, la paix dans l'Empire. Mais Aquilon s'est montré contre ce désir, c'est pourquoi je demande des garanties quant à cela. L'aide d'Ousbre sera cette fois-ci payante.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Serlon d'Orilly
Mon cul sur ton trône.
avatar

Nombre de messages : 63
Date d'inscription : 30/03/2010

MessageSujet: Re: Partie de chasse à Smaragd   Ven 21 Mai - 0:58

Voilà qu'on en arrivait à la fin des marchandages. Le duc acceptait son autorité, ou plutôt la paix qui pouvait en découler. Cependant, il se montrait gourmand. Il semblait vouloir infliger une dernière blessure à son ennemi du nord avant de clore ce chapitre de l'histoire impériale. De plus, son aide serait monnayée. Triste proposition pour un empereur qui était trop peu puissant pour tenir tête à son allié du nord. Le duc d'Aquilon avait en effet été l'un des partisans les plus diligents du comte de Smaragd, qui ne comptait pas l'ombrager à la première broutille venue. Prenant de nouveau la parole, Serlon dit d'une voix posée, quoique amère.

"Les coffres de la capitale sont vides, messire, sachez-le. Ces traîtres de Gardiens ont fini de piller mes cassettes et le peuple demande trop d'attention pour que je puisse dépenser le moindre retrah dans des cadeaux. Quant aux garanties que vous demandez à l'encontre du duc d'Aquilon, je ne puis rien vous offrir, sinon ma parole qu'il ne fera plus justice lui-même sur vos terres."

Bien sûr, tout cela n'était que mensonges. Le comte de Smaragd disposait encore de - maigres - réserves d'argent et il n'arriverait sûrement pas à arracher au duc d'Aquilon quoi que ce soit au niveau de son système de justice pour le moins expéditif. Cependant, il préférait penser que ces ducs, vieillissants, n'iraient plus faire joujou sur les terres des autres et qu'ils meurent bien assez vite pour que l'Empereur soit libre des engagements qu'il passait là.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Bayard de Richemont

avatar

Nombre de messages : 47
Date d'inscription : 31/03/2010

MessageSujet: Re: Partie de chasse à Smaragd   Ven 21 Mai - 1:06

- Tout ceci est... Fort triste, Comte.

Le duc but une dernière gorgée de vin avant de faire resservir sa coupelle vide. Durant cette discussion, il s'était abondamment servi en viandes en tout genre. Il était clair que même s'il n'accordait pas toute sa confiance au Comte de Smaragd, il ne craignait pas un empoisonnement. Malgré tout, le Duc aimait à croire que Serlon avait des manières, et celui-ci avait trop besoin d'Ousbre pour tenter quoi que ce soit contre sa personne. Le Duc mangeait donc plus qu'à sa faim tout en regardant du coin de l'oeil son interlocuteur. Ousbre se doutait qu'Orilly et Aquilon avaient du passer quelque pacte, au plus grand bénéfice d'Aquilon, il en était certain. Ousbre ne comptait pas aider ce possible Empereur à renforcer son plus propre et désormais intime ennemi. Bien que les barbares se trouvaient être la menace première, Ousbre ne doutait pas que la revanche d'Aquilon poindrait, un jour ou l'autre. Cette échange avait donc pour but de prendre les devants.

Après avoir croqué dans une cuisse de volaille, le duc reprit.

- Et qu'avez-vous offert à Aquilon pour son soutien ? Ou, mieux encore, que vous a-t-il offert ? Croyez bien que sans plus grandes sécurités, vous aider reviendrait à l'aider, et, se faisant, à mettre en péril la sécurité de mon duché.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Serlon d'Orilly
Mon cul sur ton trône.
avatar

Nombre de messages : 63
Date d'inscription : 30/03/2010

MessageSujet: Re: Partie de chasse à Smaragd   Ven 21 Mai - 1:17

Le comte soupira. Le duc d'Ousbre n'était pas encore assez mûr, et par mûr, j'entends vieux. S'il avait attendu quelques années de plus, il aurait pu avoir à traiter avec un vieillard sénile, voire même avec son sodomite de fils. Hélas, il n'avait pas à faire à un grabataire ou un efféminé, car le duc était resté un bloc. Il aurait pu attendre encore, mais il risquait, si une intrigue s'approchait de son cou, de perdre tout en ne prenant pas en considération l'Ousbre. Une bataille difficile, et le duc d'Ousbre dominerait l'Empire militairement, sans pouvoir défendre les marches...

Soupirant à nouveau, le comte dit simplement.
"Que voulez-vous tant ?"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Bayard de Richemont

avatar

Nombre de messages : 47
Date d'inscription : 31/03/2010

MessageSujet: Re: Partie de chasse à Smaragd   Ven 21 Mai - 1:25

- Je ne désire pas moins que des preuves avérées quant à vos engagements envers l'Ousbre, Comte. Montrez-vous bon avec le peuple d'Ousbre, faites-lui oublier les actes de votre vassal du Nord. Faites bâtir quelques édifices à Richemont, et donnez-lui une garnison impériale. Dans ces conditions, l'Ousbre et son épée serviront votre cause.

Il mordit à nouveau dans la cuisse de volaille avant de reprendre.

- Et bien entendu, faites signer à Aquilon un traité stipulant l'impossibilité pour lui et ses vassaux de fouler militairement le sol d'Ousbre. Validé par votre sceau, bien entendu. Je n'irai pas jusqu'à vous demander de lui faire verser une dime pour rembourser les dégâts que ses armées ont causé. Une simple preuve certifiée par votre sceau et approuvé par vos hommes de loi me conviendra. C'est... Plutôt raisonnable, Comte ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Serlon d'Orilly
Mon cul sur ton trône.
avatar

Nombre de messages : 63
Date d'inscription : 30/03/2010

MessageSujet: Re: Partie de chasse à Smaragd   Ven 21 Mai - 1:36

Serlon aurait pu grogner. Il se contenta de fixer son vis-à-vis d'un air indifférent. Il était difficile de lire ce nouvel empereur. Son visage, rongé par la barbe et dévoré de l'intérieur par la maladie, était marmoréen, animé par les flammes voletant dans les braseros alentours. Après un long silence accompagné de deux regards en chien de faïence, l'empereur s'anima et dit.

"Laissez-moi le temps d'y réfléchir. Nous en reparlerons plus tard. Nous devons nous coucher tôt, car demain, nous chassons."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Bayard de Richemont

avatar

Nombre de messages : 47
Date d'inscription : 31/03/2010

MessageSujet: Re: Partie de chasse à Smaragd   Ven 21 Mai - 1:46

Un silence s'installa après la remarque du Comte. Ousbre, quant à lui, avait comme un mauvais présentement. Il se contenta toutefois de s'excuser auprès de son hôte et de quitter la table en le saluant, suivi de près par les nobles d'Ousbre. Une fois dehors, or de portée des oreilles des hommes du Comte, Bayard se retourna vers l'un de ses suivants, un homme de confiance qui se trouvait être son confident depuis plusieurs dizaines d'années. Il se nommait Jacques d'Arpan, et était vicomte.

- Mon ami, si d'Orilly souhaitait réellement notre soutien, il aurait d'ors et déjà accepté ma requête. Je suis vieux et il se peut que Gaed ne m'accorde pas le temps suffisant pour mener à bien les tâches que j'ai commencé. Si tel est le cas, sachez qu'il se trouve dans mon coffret personnel dans les appartements à Richemont des lettres contenant ma volonté. Si Gaed me rappelle à lui, menez les à bien, je vous pries.

Le vicomte acquiesça, bien qu'il ignorait totalement le contenu de ce coffret.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Serlon d'Orilly
Mon cul sur ton trône.
avatar

Nombre de messages : 63
Date d'inscription : 30/03/2010

MessageSujet: Re: Partie de chasse à Smaragd   Ven 21 Mai - 2:09

Le duc prit congé du comte de Smaragd, qui le laissa partir sans un bruit, observant ce dernier sortir avec sa suite. Dans ses yeux, rien. Pas même un peu de passion. La maladie avait détruit le comte, bien qu'il sût encore se tenir droit, se montrer digne et garder un porte altier. Il était loin, le fougueux guerrier, l'audacieux héritier de la couronne impériale. Il restait une épave accroché à la mer d'Ephyne, qu'il essayait tant bien que mal de maintenir au dessus du niveau de l'eau. Les fuites étaient pourtant nombreuses. Les remous dans son équipage encore plus. Il savait qu'il ne pouvait mener l'esquif à bon port. Ce serait à son fils, si Dieu daignait lui en donner un, de finir cette oeuvre.

Serlon était donc devenu un blasé, un homme agrippé au pouvoir, pouvoir qui le dominait. Il était devenir un simple serviteur d'Ephyne, un meuble dans le palais des Dahénides. Sa maladie avait duré trop longtemps, les factions étaient trop enracinées. Il lui faudrait des années ou des mois d'une violente répression pour redevenir le maître absolue de la cité impériale, à défaut de l'Empire, à défaut de l'Eglise. Faisant un signe à l'un de ses hommes, le jeune Erhart d'Albon se pencha vers l'empereur. Cet homme, qui n'avait jamais désobéi à l'Empereur, même dans les pires moments, était la fleure de la chevalerie. Mais la vraie chevalerie des romans. La chevalerie coriace et fidèle. Celle qui ne posait pas de questions.

"Mon bon Erhart, pendant cette semaine, tu vas tuer le duc d'Ousbre. Cela est bien clair ?"

L'Empereur avait chuchoté, mais les mots avaient fendu le coeur du jeune Erhart en deux. Serlon aurait pu introduire le sujet plus galamment, parlant des dons de l'homme pour l'arc ou encore en expliquant la terrible situation où mettait le duché d'Ousbre. Mais il ne fit rien de tout cela. Il était trop habitué à aboyer ses ordres, à faire tuer ses adversaires pour survivre, cet homme qui se survivait à lui même depuis près d'une décennie. Erhart avala sa salive et hocha de la tête, blême. Pauvre pion, il était tout dévoué à celui qu'il considérait comme celui qui guide l'empire, son protecteur et son maître. Serlon, lui, n'avait fait que calculer et avait choisi en conséquence. Le jeune homme de la Garde Impériale était habile archer et lié à la garde personnelle de l'empereur, cette garde aux ordres d'un Gardien. S'il était pris, Serlon comptait bien crier à la trahison, en profitant pour épurer une nouvelle fois le palais des différents partisans des Gardiens. Non, ce gentilhomme était devenu bien mauvais.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Bayard de Richemont

avatar

Nombre de messages : 47
Date d'inscription : 31/03/2010

MessageSujet: Re: Partie de chasse à Smaragd   Ven 21 Mai - 2:43

Le nuit avait été des plus agitée pour le duc. Sans qu'il n'en comprenne la raison, il n'avait cessé de penser à ceux qui lui étaient chers, à ses possessions, son attachement pour les valeurs et pour l'Empire, à sa vie. Il s'attarda sur l'image de femme défunte, morte en couche avec leur second enfant. Bayard pensa sur l'instant que ce petit être, s'il n'avait eut la faiblesse de naître mort-né, n'aurait pu être qu'un meilleur successeur au trône ducal que son fils Pierre. Bayard, malgré la tendresse qu'il éprouvait pour sa chair, ne pouvait s'empêcher de penser qu'après sa mort, son fils mènerai le duché à la ruine. Il en était intimement convaincu, tant et si bien qu'il avait arrangé avec un noble empersois le mariage de son fils, et que le titre de duc échoirait au père de la mariée, et non à son fils. Bayard y avait mis ses meilleurs hommes de loi pour ainsi contourner la tradition qui voulait que le premier enfant mâle succède au père. Mais, en l'espèce, c'était impossible, la survie du duché en dépendait.

C'est un vieil homme amère qui se tenait déjà debout dans sa tente, quelques heures avant le chant du coq. Il avait revêtu sa tenue de chasse, et se trouvait désormais assis sur le rebord de son lit de camp, un long couteau de chasse finement ciselé à la ceinture, le regard perdu dans le vide. Serlon allait-il accéder à sa requête ? Le Duc d'Ousbre l'espérait. Il espérait le retour de la paix en Empersiste, il espérait un un front uni face aux menaces extérieures. Mais avec Aquilon, Ousbre savait qu'un tel front n'était pas possible. La confiance n'existait plus entre les ducs. Nul ne sait combien de temps le duc resta ainsi, pensif. Il finit par être tiré de ses rêveries par le vicomte d'Arpan.

- Sire, les nobles sont prêts et vos valets n'attendent plus que vous. Votre cheval est sellé et le Comte vous attends. Il a dit désirer profiter de la clémence du temps pour s'offrir une cavalcade dans ses forêts, en souvenir du temps passé.

Le duc sortit et respira cet air frais à plein poumons. La journée promettait d'être fort belle.

- Un excellent temps pour la chasse, le Comte avait raison. Allons !

C'est ainsi que le duc et son escorte s'engouffrèrent dans les bois de Smaragd. Ils chevauchèrent une petite heure avant de croiser la route d'un cerf. L'animal, broutant non loin, ne semblait pas avoir flairé la présence des chasseurs. Le duc s'était éloigné du gros de son escorte, et avait pris soin d'esquiver ses rabatteurs. Ousbre préférait la traque à la chasse à cour. Il avait mis pied à terre, avec les quelques nobles qui lui servaient d'escorte rapprochée, ainsi que les deux valets le suivant, pour se diriger vers l'animal. Arrivé discrètement à portée d'arc, le sire d'Ousbre fit un signe à l'un de ses valets qui, sans plus attendre, lui donna son arc et une flèche. Le seigneur banda, visa et, après quelques instants, tira. L'animal, touché, partit d'un bond dans un fourré, blessé à mort. Il y tomberait sans vie non loin, ne restait plus qu'à le chercher.

C'est alors que se produisit l'impensable. Une mise en garde, criée par Jacques d'Arpan qui, d'un bond poussa sur le côté le Duc avant de s'éfondrer au sol, le coeur percé d'une flèche. Aussitôt, les quelques nobles autour du Duc hurlèrent.

- Trahison ! A l'assassin ! Smaragd veut la mort d'Ousbre !

L'un de ces nobles, visiblement plus alerte d'esprit que les autres, se rua sur Bayard.

- Messire, vous devez partir, vite ! C'est un piège, le Comte veut attenter à votre vie ! Prenez votre monture et fuyez, nous vous suivons ! A moi, chevaliers, tous à cheval !

Sans plus attendre, le duc, sans réellement comprendre ce qui se passait réellement, choqué qu'un tel évènement puisse avoir lieu, monta à cheval et suivit machinalement ce jeune baron. Etait-ce la fin du Duc d'Ousbre, traqué et tué, tel un simple cerf ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Serlon d'Orilly
Mon cul sur ton trône.
avatar

Nombre de messages : 63
Date d'inscription : 30/03/2010

MessageSujet: Re: Partie de chasse à Smaragd   Ven 21 Mai - 4:24

L’assassinat fut un échec. Et c’est le moins qu’on puisse. Le pauvre Erhart, surprenant dans sa traque le duc d’Ousbre, ne put atteindre ce dernier, protégé par un fidèle vassal, qui se sacrifia en prenant la flèche qui était destinée à Bayard. Le pauvre chevalier de la garde impériale ne put pas faire grand-chose et bientôt, il fut saisi par les hommes du duc. Mais c’était sans compter sur le bruit du combat et les cris des vassaux attaqués. Le comte de Smaragd, entouré par une forte troupe, s’élança immédiatement dans la direction des cris, pensant que son plan avait été accompli sans bavure, sinon la perte d’un garde dévoué.

Que ne fut sa déception lorsqu’il put voir Erhart qui avouait tout, pleurant pour ses méfaits, incapable de retenir ses paroles et ses larmes. Sans plus attendre, le comte ordonna à ses hommes de tuer ceux du duc. Un temps de flottement, imperceptible, se fit ressentir, et les chasseurs se jetèrent sur leurs proies, les abattant sans plus attendre. Ceci fait, ils se dispersèrent immédiatement en petits groupes, cherchant les hommes qui avaient entendu les cris et le fracas. Ce fut un énorme massacre qui se déroula dans le bois. D’autres hommes avaient été lancés sur les traces du duc d’Ousbre, mais ne trouvèrent rien. Lorsque le soleil commençait à se coucher, laissant place à la nuit après cette sanglante journée, le comte de Smaragd, qui était l’instigateur de cet immense massacre rejoignit le trianon comme si de rien n’était.

Une fois installé confortablement, toujours aussi placide, le cynique seigneur saisit l’occasion pour faire le vide, calmé par le brasier que dégageait la large cheminée. Beaucoup de ses hommes étaient mort dans cette chasse, et plus encore de féaux du duc. Cherchant un moyen de se tirer de ce mauvais pas, il fit mander son vassal le plus proche, ancien capitaine des troupes de Smaragd et l’entretint de la situation. Ce dernier, qui devait avoir son âge et avait vécu en tout temps auprès de lui, lui apprit qu’ils avaient réussi à attraper la plupart des hommes du duc. Il attendait les prochaines instructions, tanguant sur ses jambes pourtant solides, habituées au combat. Il fallait bien avouer qu’on en était jamais arrivé à une telle folie, depuis lors. Son seigneur avait vraiment changé, mais s’il avait perdu un peu de son humanité dans la folie, celle-ci lui avait donné un sens de la morale si réduit qu’il était capable de survivre à n’importe quelle intrigue politique, aussi désastreuse fut-elle.

Après un instant de silence trompeur, le comte de Smaragd, confortablement installé dans son siège rembourré, se tourna vers le capitaine et lui donna les instructions. Ce dernier était chargé de tuer tant les féaux du duc que tous les hommes de la garde impériale, qu’il devrait décapiter. Cela signifiait tuer de nouveau une cinquantaine d’hommes. Sans broncher pour autant, le capitaine rejoignit ses hommes pour vaquer à ces occupations.

Le lendemain, le comte de Smaragd, fort des têtes de la Garde Impériale, il mit tous ces chefs dans un sac l’envoya à Richemont avec leurs épées et une lettre qui disait que le prince impérial avait été trahi par son capitaine de la Garde, ancien Gardien ayant libéré Epernon pendant sa maladie, et que les soudards qui avaient juré de le protéger avaient tenté d’attenter à la vie du duc comme la sienne.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Entité
Alias : les dés pipés.
avatar

Nombre de messages : 68
Date d'inscription : 28/03/2010

MessageSujet: Re: Partie de chasse à Smaragd   Sam 22 Mai - 16:41

La tentative d'assassinat du Comte de Smaragd a échoué, et le Duc d'Ousbre a pu s'en sortir, sauf, avec une poignée de ses nobles. Quant à son escorte et ses valets, ils furent passés au fil de l'épée par, selon les dires officiels, ces "traitres de Gardes impériaux", à leur tour exécutés sommairement par les hommes d'armes du Comte de Smaragd.

Ousbre a réussi à rejoindre Richemont, non sans peine. Tandis qu'à nouveau la guerre civile gronde, au sud, au delà des frontière, quelque chose s'agite...

_________________
Homo homini lupus.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Partie de chasse à Smaragd   

Revenir en haut Aller en bas
 
Partie de chasse à Smaragd
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» L'un des premiers livres offerts à Marie-Antoinette
» chasse et techniques 3éme partie
» chasse et techniques 2nd partie
» 2010: Le 25/05 vers 15h40 - avion de chasse sur lunel
» Les volcans d'Indonésie (une petite partie)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Retrahant, Ere impériale :: ¤ Role Play ¤ :: Histoire & Diplomatie-
Sauter vers: