Retrahant, Ere impériale


 
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 Histoires provinciales.

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Vasyan
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MessageSujet: Histoires provinciales.   Jeu 20 Mai - 23:25

Les premiers rayons du soleil passèrent par-delà les collines et dissipèrent la brume matinale qui recouvrait la plaine. Le ciel était clair et si le temps se maintenait tel qu'il avait été la veille, la journée serait belle; assurément. Les choucas s'éveillèrent à leur tour et commencèrent leurs habituelles rondes autour du clocher de la Cathédrale, récemment bâtie. Le jour arrivait et la ville s'éveillait.

C'était jour de Foire, comme tous les trimestres. Les négociants s'étaient installés durant la nuit sur la grand-place de la ville et dans les rues environnantes, bloquant presque le passage avec leurs étals. A cette heure matinale où les rues étaient normalement désertes et les braves gens au lit, l'agitation et l'effervescence avaient gagné la population qui s'empressait de profiter des bonnes affaires et de dépenser ses quelques retrahs dûrement gagnés. La milice était mobilisée durant toute la semaine commerciale car les fripons aussi étaient de la partie. Si l'on voulait que les marchands reviennent, il fallait leur assurer la sécurité.
Les rues avaient été conçues pour "aérer" la cité et de fait, elles étaient souvent bien larges pour le peu de monde qui les empruntaient. Mais c'était différent durant les fêtes et la Foire : les rues devenaient alors d'étroits corridors où l'on devait circuler entre les échoppes, les marchands, les acheteurs, les simples visiteurs et les patrouilles de la milice; tous jouant à celui qui crierait le plus fort.

C'est dans ces conditions que le père Vasyan entreprit de circuler depuis sa demeure jusqu'à la grande Forge puis vers l'hôtel de ville. La Foire allait poser bien des problèmes : le vol, les arnaques, les nuisances... s'ajoutant aux autres tâches à administrer. C'allait être une dure semaine.
Pourtant le père Vasyan était aux anges.

Chaque jour il regardait sa ville d'un oeil nouveau, cherchant à améliorer ce qu'il possédait. Sa ville était toute jeune, quelques années seulement, mais la Foire montrait qu'il avait réussi à en faire un centre commercial important pour le Comté et, en moindre mesure, pour l'Empersiste.
Tout n'était pas idéal, bien entendu : Le mur sud avait été trop hâtivement bâti et menaçait de s'effondrer. Les récoltes n'étaient pas aussi bonnes que prévues. Les rats posaient des problèmes dans le quartier Ouest et nul n'arrivant à les déloger, on s'attendait à l'arrivée prochaine d'une épidémie quelconque.
Mais malgré tout cela, la vie était douce dans le Comté. Les taxes étaient modérées car il n'y avait pas d'armée à entretenir, seulement une dîme un peu trop élevée au goût des paysans. Les terres étaient fertiles, l'eau claire et Gaed clément.

Accompagné par quelques-uns de ses hommes d'arme, zigzagant entre les étalages et les gens, ils arrivèrent à une zone plus calme et moins fréquentée : le quartier des artisans. Cette zone avait posé bien des problèmes. Des artisans réputés dans tout le pays venaient travailler à forger et à améliorer le métal local. Certes, les nouveaux matériaux permettraient de forger des outils plus solides, plus légers, d'améliorer la menuiserie, l'architecture, l'agriculture et autres mais cela avait un prix.

Un prix exorbitant.

Près de cinq cent personnes travaillaient dans ces ateliers et dans ces haut-fourneaux. Une poignée de maîtres et leurs apprentis mais aussi toute la main d'oeuvre nécessaire au fonctionnement de ces forges. Et bien que la cité leur ait octroyé une grande partie de ses fonds, ils en réclamaient toujours plus. Il y avait toujours besoin de matériel forgé dans une autre cité qui devait impérativement être acheté, besoin d'experts venus d'ailleurs, besoin de nouveaux bâtiments, de nouveaux fourneaux... Ainsi disparurent plusieurs milliers de retrahs prélevés sur le dos du bas-peuple qui n'était pas spécialement heureux de voir son argent dépensé dans un tel projet.

Tous se succédaient à l'hôtel de ville pour demander plus d'argent pour les paysans, plus d'argent pour la forge, plus d'argent pour construire toutes sortes de chose, plus d'argent pour les pauvres, plus d'argent pour les abbayes... Il aurait fallu des tonnes d'or pour que tous soient satisfaits.

Arrivés à la Forge, ou plutôt entre les cinq bâtiments crachant autant de flammes et de fumée que les Enfers que l'on nommait ainsi, ils virent un autre groupe qui les attendait. Parmi eux, un grand homme en bure qui dépassait d'une tête au moins les hommes qui l'escortaient.
Au loin, on entendait le murmure du peuple qui commerçait et les soufflets de la Forge. Le père Vasyan s'avança et dût s'incliner, bien qu'il ait toujours rechigné à le faire devant quiconque et demanda :
"Vous avez demandé à me voir, Eminence ?".


Dernière édition par Vasyan le Jeu 20 Mai - 23:29, édité 2 fois
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Seriy

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MessageSujet: Re: Histoires provinciales.   Dim 23 Mai - 0:03

Le grand homme se nommait Seriy et était abbé. Il avait suivi le Saint Patron lorsque ce dernier avait quitté Ephyne pour se réfugier loin des complots, à Sanilve. De fait, il avait laissé le soin de gérer son abbaye à l'un de ses collaborateurs jusqu'à ce que la situation s'éclaircisse. On le disait honnête, bon orateur mais bien trop pieux et violent pour être un simple abbé. La tenue d'Inquisiteur eût été parfaite pour un homme de son genre.

Envoyé par ce même Saint Patron dans la ville de Saransk pour "assister le Vidame Vasyan et veiller sur les Gaediens", l'accueil qu'il reçut fut protocolairement irréprochable mais humainement froid; et c'est par contrainte et devoir que le père Vasyan dût accueillir cet... invité. Cet homme étant plus haut placé que lui dans la hiérarchie, il ne pourrait le tenir isolé avec de simples ordres.

Le petit monde de Saransk était bâti sur des idées mais certaines pouvaient être dangereuses, surtout si elles concernaient la Religion. L'histoire avait prouvé que toutes les religions comptaient leur lot de fanatiques et que c'était cette minorité qui faisait dérailler la paix. L'équilibre s'était instauré, le peuple se préoccupait plus de ses récoltes que de la place de Gaed dans le monde et le père Vasyan essayait de faire durer cet état de fait.

Si la survie de la cité, dans son âme ou dans son peuple, pouvait dépendre de la perte de quelques éléments pertubateurs, la sauvegarde des idéaux fondateurs rendait ces pertes tolérables. C'est pour cela que les citoyens trop 'dérangeants' ou 'trop impulsifs' étaient parfois priés de faire leur baluchon et de quitter la ville ou au moins de se taire. Les non-Gaediens n'avaient pas le droit de s'établir dans la ville, pour éviter la création de ghettos culturels. Plutôt que de traiter les tensions entre les cultures, il avait semblé plus simple de bannir la faction minoritaire. Pour l'instant, aucune exclusion n'avait dégéneré et le recours à la force avait été évité. Mais les gardes se tenaient prêts à 'mater' un éventuel réfractaire.
Bien entendu, la population était au courant de ces pratiques menées sous couvert d'ordre public mais tous, dirigeants et citoyens, en parlaient peu publiquement. Le statut-quo demeurait et la ville pouvait prospérer en paix, tout le monde y trouvait son compte.


L'Abbé, considéré comme un indésirable potentiel, fut donc assigné à quelques tâches subalternes et poliment prié de ne pas s'occuper des célébrations religieuses, les prêtres de la cité étant bien formés à leur mission. L'homme montrait une grande ardeur au travail et s'occupait souvent brillament des affaires qu'on lui confiait. Il fut un véritable bras droit pour le père Vasyan, bien que les deux hommes ne se soient que rarement adressé la parole.

Il avait tenu à faire construire une muraille autour de la cité et à créer un corps d'armée qui épaulerait la milice en cas de siège ou de troubles graves. A cette armée s'opposait la vision des fondateurs qui voulaient créer un centre de culture et de paix. Les discussions avaient été âpres mais le couperet était tombé : Saransk allait s'armer mais uniquement pour sa défense et la défense du peuple (Gaedien) qu'elle abritait.

____

Depuis quelques saisons, il administrait presque seul le quartier des artisans, le père Vasyan n'ayant souvent qu'un droit de regard sur des décisions qui avaient déjà été données. Et conformément aux ordres venant de Sanilve, les artisans avaient droit à des fonds gigantesques pour améliorer le travail des ressources du Comté. Et c'est à ce sujet que l'abbé Seriy avait demandé à son hôte de le rejoindre à la Forge.

"Père Vasyan, je sais qu'en ces jours fastes vous avez de nombreuses obligations et qu'il est encore bien tôt mais nos maîtres forgerons ont semble-t-il réussi un exploit de plus. Les efforts que nous avons consenti et les retrahs dépensés dans cette tâche semblent avoir porté leurs fruits. Mais laissez-moi vous montrer ce dont il est question."

Les deux religieux entrèrent donc dans l'un des ateliers où les attendaient trois hommes, visblement des forgerons, l'air fier. L'un d'eux prit la parole, il parlait vite et articulait peu :

"On a travaillé sur ce métal pendant des mois et on restait bloqués par la solidité et le poids. Vous savez, c'est pas facile d'équilibrer les deux, les lames légères cassent et les lames solides sont trop lourdes pour servir en combat alors on devait faire des armes au rabais. Mais ores on a réussi à fusionner deux types de minerais et on peut fondre un métal beaucoup plus léger et plus solide. Regardez."

Le forgeron sortit deux épées courtes au père Vasyan. Ce n'étaient que des ébauches, aussi ces épées n'étaient rien d'autre qu'une barre de métal dont une partie avait été fondue pour former la lame. Il soupesa les deux. La différence de poids était nette, le métal de l'épée plus légère semblait presque blanc alors que l'autre était gris foncé.

"Vous savez, mon père, maintenant qu'on sait fondre ce métal, on va pouvoir donner le secret à nos confrères du Comté et avec les forges qu'on a, on pourra vous en faire beaucoup. Et ça ne servira pas que pour les armes ! Les armures aussi seront plus solides et plus légères, les outils plus résistants et beaucoup d'autres choses."

Les deux clercs restèrent encore quelques dizaines minutes, durant lesquelles les forgerons avaient tenu à leur montrer toutes les possibilités de cet étonnant alliage ainsi que leurs locaux, leurs apprentis et fait leurs doléances.
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Vasyan
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MessageSujet: Re: Histoires provinciales.   Dim 6 Juin - 21:43

La rumeur était parvenue à Saransk. Nul ne pouvait encore affirmer si celle-ci était fondée, les seules sources connues étant des ivrognes notoires divaguant dans leur torpeur alcoolisée, trébuchant sur chaque mot en ponctuant leurs phrases par des bordées d'injures ou de régurgitations.
Mais ce n'eût pas été la première fois que des piliers de comptoir en sachent plus que le commun de la plèbe. Lorsque la populace apprit que la fille de l'échevin Ezra était tombée enceinte avant son mariage du fait du jeune Jzanei (lequel s'était également pinté à la taverne avant son méfait), ces même poivrots étaient déjà au courant depuis plusieurs jours. Du moins, c'est ce qu'un autre pochard affirma entre deux cuites à un soiffard qui le répéta ensuite à on ne sait qui.

Et dans le cas présent, comme dans toutes rumeurs, l'histoire divergeait de la réalité et selon les conteurs. Pour certains, les batailles épiques au nom de Gaëd s'étaient succédées; pour d'autres, quelques pouilleux mal armés s'en étaient pris à des paysans encore plus crasseux qu'eux pour des raisons qui ne concernaient que leur vile existence. Mais à mesure du temps qui s'écoulait, le doute faisait place à la certitude : une attaque avait bien eu lieu, même si l'on ne savait ni où, ni quand, ni contre qui, ni pourquoi.

Dans les troquets et dans les rues, on s'affolait de savoir si l'attaque avait eu lieu contre les Empersois et si elle donnerait lieu à un véritable affrontement, si les mouvements de troupes affecteraient les récoltes et si le fils cadet du voisin qui fait ses classes serait envoyé au combat. Nulle part où presque il ne fut question de Gaëd ou de religion.

L'hôtel de ville était également en ébullition. Les informations, vraies ou fausses, affluaient mais en quelques heures il fut établi avec certitude que l'Evêque de Sanilve avait envoyé ses hommes défaire une horde de barbares païens qui envahissaient le l'est de l'Empersiste, en direction d'Ephyne.
Aussitôt que cette version des faits fut confirmée, les crieurs publics informèrent le peuple que le Comté avait défendu les terres de Dieu contre les impies, mettant un terme à l'avancée des envahisseurs. Tout en renouvellant la trêve tacite avec les seigneurs Empersois. Aussi la population fut rassurée et heureuse que la paix soit rétablie.


Dernière édition par Vasyan le Lun 7 Juin - 12:28, édité 1 fois
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Vasyan
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MessageSujet: Re: Histoires provinciales.   Lun 7 Juin - 0:14

Quelques jours plus tard, d'autres rumeurs parvinrent à Saransk et l'histoire officielle dût être révisée.

L'ost de Sanilve était parti pour le nord de l'Empersiste et avait intercepté une troupe de barbares qui se dirigeait vers le Comté de Sanilve, après avoir ravagé la Baronnie d'Ethyrel. Puis on apprit que les Sanilvois avaient assiégé et reprit Ledo après que les barbares l'aient investi et massacré la population, préservant un avant-poste de l'Empire.
Et le rapport final arriva quelques jours plus tard, un marchand avait fait l'aller-retour jusqu'à Sanilve et s'y était renseigné auprès d'un soldat qu'il avait entraîné dans une taverne. L'Evêque avait lancé son armée contre des terres Gaediennes, sinon Empersoises et pillé l'une des cités proches d'Aquilon.

Aussi l'inquiétude s'insinua dans l'hôtel de ville. L'état de guerre était latent depuis plusieurs années mais le coup d'éclat risquait de provoquer une réaction des Empersois.
Les archers reprirent leur place sur les murs, les guetteurs sur les tours de garde. La cité se préparait à une attaque, dans un conflit qui ne la concernait guère.
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Seriy

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MessageSujet: Re: Histoires provinciales.   Mer 23 Juin - 21:14

Les jours de foire étaient des exemples d'ordre lorsqu'on les comparait avec les jours de mobilisation générale. La cité était au bord de l'implosion.
Avec l'arrivée des Empersois, les rumeurs sur des massacres de civils s'étaient propagées comme la peste. On avait soit-disant vu des Empersois réduire des villages en cendres après avoir pendu tous leurs habitants et les ragot s'amplifiaient. Certains prétendaient même que le Comté de Sanilve disparaîtrait avec la mort de tous ses habitants sous les lames ennemies.

Aussi, toute la population des alentours s'était réfugiée derrière les enceintes pour échapper à l'extermination et la ville abritait trois fois plus d'habitants qu'en temps de paix. La cohue était monstrueuse, les rues encombrées par les réfugiés et leurs affaires tandis que les résidents se hâtaient d'arriver aux arsenaux.
Pour assurer le bon fonctionnement de la défense la milice fit évacuer les rues, ordonnant aux habitants d'accueillir des réfugiés chez eux en attendant de trouver d'autres endroits pour les loger. Le soir, la panique s'était apaisée, les soldats avaient tous retiré leurs équipements et avaient reçu l'ordre de rejoindre leurs unités à l'aube. Il n'y avait nul doute que l'armée partirait aussitôt après.

A l'hôtel de ville, le Conseil avait été assemblé en urgence par Seriy qui fit un bref résumé de la situation aux dix autres membres présents.

"Le temps nous est compté aussi faisons court. Les rapports des éclaireurs affirment que les Empersois ont levé la plus grande armée qui ait jamais existé. Et que cette armée est partie droit vers notre capitale. Sanilve ne tiendra pas longtemps sans notre aide aussi ai-je donné l'ordre d'armer tous les hommes vaillants et fait envoyer des pigeons aux seigneurs Thassarian et Yaten pour qu'il nous rejoignent. A l'aube demain, nous rallierons nos armées et unis, nous combattrons sous les murs de Sanilve pour briser le blocus. Une fois fait nous..."
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Vasyan
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MessageSujet: Re: Histoires provinciales.   Dim 27 Juin - 0:19

Un messager entra dans la salle, il s'était hâté et était en sueur. Il tendit son message à l'Abbé Seriy qui le lut à haute voix :

"Seigneurs du comté de Sanilve,

Votre capitale, la cité du comte félon Dermak a été décimé. L'empire d'Empersiste dans sa grande bonté, votre offre la reddition aux conditions que les murs de votre capitale ne soit reconstruit avant une cinquantaine d'années et que vos villes versent un tribut à notre empereur en gage de leur bonne foi.

Dans le cas d'un refus de votre part, les armées impériales ne repartirait du comté qu'une fois vos citées à l'état de cendres.

Nous attendons une réponse dans les plus bref délais. En espérant seigneurs que vous prendrez la bonne décision,

Bulwaël chef de guerre des armées impériales."

Le conseil eût l'air atterré. Après un instant de flottement, l'Abbé brisa le silence :
"Messieurs, nous sommes dos au mur. Je suppose que nos alliés ont reçu le même message, je vais faire dépêcher des messagers chez eux pour savoir ce qu'ils comptent faire. De votre côté, décidez de ce que vous comptez faire."
L'homme en bure quitta le salon de réunion au pas de course.
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Vasyan
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MessageSujet: Re: Histoires provinciales.   Dim 27 Juin - 0:36

Les cités alliées étaient à quelques lieues de distance seulement, les messagers eûrent tôt fait d'accomplir leur tâche et de revenir à Saransk.

Ils firent leur rapport au père Vasyan. Caerthön était disposée à offrir son aide en cas d'opération militaire. Mais, nouvelle plus préoccupante, Amaray était assiégée. Il n'y avait plus de doute possible, le Comté allait être rasé dans son intégralité aussi fallait-il agir, et vite. L'armée avait pour mission d'assurer la défense de Saransk mais dans ce cas, la meilleure défense était l'attaque.
Les messagers avaient rapidement évalué la situation, cinquante mille hommes, peut-être plus selon eux. Un émissaire fut renvoyé auprès du seigneur Thassarian afin de coordonner les actions militaires. Le départ fut prévu pour le surlendemain.
Trente mille hommes d'armes se dirigeaient vers Amaray, espérant que la ville n'avait pas encore été prise et que les éclaireurs avaient surestimé l'importance des troupes ennemies.
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Tiphaine de Nagor

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MessageSujet: Re: Histoires provinciales.   Dim 27 Juin - 4:04

La Vicomtesse regarda les ostes de Styrie quittaient Srinagor. La plus grande armée que les Nagor n'avaient jamais réuni allait se battre pour le Duché d'Aquilon. Elle avait refusé que ses étendarts se lèvent à coté du renégat qui régnait à Ephyne. Les troupes arborhaient donc ceux d'Aquilon, même si les blasons sur chacun des chevaliers symbolisaient sa lignée.

Son époux, fils du Duc d'Aquilon, conduisait ses armées. Tiphaine lui imposa cependant sa garde rapprochée, qui, sans qui le sache, n'avait pour but que de le protéger. Elle ne goutait pas cette guerre, elle ne voulait pas tout y perdre même pour Bulwaël...
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Seriy

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MessageSujet: Re: Histoires provinciales.   Dim 27 Juin - 23:32

Les cloches sonnèrent, leur écho se répandit dans toute la ville pour annoncer la bonne nouvelle. Saransk était provisoirement hors de danger, quarante mille envahisseurs avaient été défaits devant Amaray par l'intervention conjuguée de trois seigneurs. Gaed avait béni les hommes du Comté et Son intervention permit à Ses sujets d'emporter la victoire.

Les hommes de Saransk avaient subi les plus lourdes pertes parmi les armées du Comté, une grande partie de leurs rangs avait été décimée durant la charge. Et même si ce carnage déchirait le coeur des familles, au moins avaient-ils permis d'écarter la menace d'extermination promise en cas de défaite. Tous le savaient, si la guerre était perdue, le Comté était promis à l'anéantissement. Le temps gagné serait précieux, assurément.


Seriy tint à s'adresser aux héros victorieux dès leur retour. Nombre d'entre eux étaient estropiés, leurs armures dans un piteux état mais ils étaient en vie. Plus que d'entendre un discours, ils souhaitaient regagner leurs foyers et revoir leurs familles.

Pourtant l'Abbé songeait déjà à la suite des opérations. Tôt ou tard, les Empersois reviendraient, en nombre, et cette fois Saransk ne pourrait pas les arrêter. Des armées ennemies stationnaient toujours devant Sanilve et certains prétendaient que des renforts les rejoindraient prochainement. Que pouvaient faire si peu d'homme, aussi braves soient-ils, face à la marée de feu et d'acier qui s'annonçait ?

Seriy y songeait, Gaed en déciderait.
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Vasyan
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MessageSujet: Re: Histoires provinciales.   Lun 28 Juin - 13:04

Faites pas attention à ce message.
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Seriy

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MessageSujet: Re: Histoires provinciales.   Lun 28 Juin - 13:09

"... Nous devrions agir aujourd'hui, père Vasyan. Oh, il va être l'heure, nous devrions y aller."
L'Abbé Seriy et le Vidame quittèrent cette petite salle de l'hôtel de ville où ils s'étaient entretenus durant plus d'une heure. Traversant quelques couloirs, ils entrèrent dans la salle du Conseil où les neuf autres membres avaient été convoqués. Le père Vasyan regagna sa place à l'extrémité de la grande table de bois, en tant que Maître du Conseil puis il demanda à l'Abbé de leur annoncer les nouvelles.

"Membres du Conseil... Au jour de l'assaut ennemi sur Sanilve, l'un de vous m'a demandé si Gaëd était réellement de notre côté dans cette guerre. A cette époque, je n'avais pu élever que de pieuses suppositions quant à cette question. Et puis, le miracle d'Amaray eût lieu et mes doutes furent balayés, nous étions toujours les Elus de Gaëd.
Toutefois ce prodige divin apparut à certains d'entre vous comme un simple hasard, une unique bataille gagnée dans une guerre qui s'éternisait. Vous auriez pu avoir raison jusqu'à ce matin. Mais ceci est la preuve définitive que nous sommes bien les Elus de Gaëd."

Il sortit un rouleau de parchemin et le jeta sur la table. Alors que l'un des membres du Conseil déroulait le palimpseste et lisait les quelques lignes à voix basse, Seriy reprit la parole. L'effet de manche avait capté l'attention de tous et Vasyan s'amusa de voir chacun des membres du Conseil attendre la révélation de l'Abbé.

"L'Empereur d'Empersiste, Serlon Ier est mort."

Choc dans l'auditoire. Quelques secondes de mutisme, le temps pour les conseillers d'intégrer la nouvelle et ce que cela changeait. Puis ce fut l'explosion de joie : le pire ennemi du Comté avait disparu, la guerre n'avait plus de raison d'être et l'Empersiste serait en proie au chaos durant des mois.
Pendant que tous se réjouissaient, l'Abbé fit entrer trois miliciens qui attendaient sa demande à l'extérieur de la salle. Dans le brouhaha, nul ne fit attention à eux, pas même Vasyan qui savait que des soldats entreraient au cours de la réunion. Il demanda le silence plusieurs fois, afin que Seriy puisse conclure. Ce dernier désigna l'un des membres du Conseil aux miliciens qui l'encadrèrent avant qu'il ne se lève de sa chaise.

"Maître Belkan, aux noms de la ville de Saransk, du Comté et de Dieu, vous êtes accusé de Trahison et de Félonie. Vous avez vendu des informations sur nos armées à l'ennemi, causant la mort de plusieurs centaines de citoyens et soldats, la mise à sac de plusieurs bourgs, la destruction de champs et de plusieurs dizaines de têtes de bétail.

Vous êtes déchu de votre poste de Maître de la Guilde des Marchands; tous vos biens, possessions, droits et prérogatives vous sont retirés. La dette de la cité à votre égard est effacée.
Vous serez pendu demain à l'aube, en place publique afin que tous se souviennent de vous comme d'un traître. Soldats, emmenez-le."

Les miliciens s'emparèrent du désormais condamné et l'emmenèrent sans ménagement hors de la salle de réunion. Puis le père Vasyan s'adressa d'un ton calme mais froid aux membres du Conseil. Son visage n'avait plus rien à voir avec celui de l'homme débonnaire et rêveur qu'il avait été avant la guerre, on eût dit qu'il s'était changé en pierre.

"Quant à vous tous, honorables membres du Conseil, nous savons qu'il reste au moins un traître parmi vous. Soyez sûrs que nous le trouverons. Vous n'aurez plus la permission de quitter la ville jusqu'à ce moment, les gardes en sont informés. Mais pour ceux qui sont restés droits et fidèles à leur serment, n'ayez nulle crainte, Gaëd vous tiendra en sûreté, loin des troubles."

Le vieil homme reprit un air calme et quitta la pièce, suivi par Seriy, tandis que le Conseil semblait plongé dans un abîme de perplexité.
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Vasyan
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MessageSujet: Re: Histoires provinciales.   Mar 29 Juin - 23:52

Au printemps 702, des pages furent envoyés à Sanilve pour y adresser des missives aux commandants des quelques armées qui occupaient encore la capitale. Après près d'un an de guerre et de nombreux revirements militaires et politiques, les forces assiégeant Sanilve s'étaient considérablement réduites; le départ des osts de Sheker et de Sritye n'avait laissé sur place qu'une faible garnison.
Dans ses courriers, le Vidame laissait le choix aux occupants : quitter le Comté sur l'heure, se rendre aux forces du Comté ou être anéantis.
Certains s'en retournèrent vers leur pays, une partie resta sur place. Pourquoi étaient-ils restés en terre étrangère, si ce n'était pour s'aggriper à leur maigre conquête dans une guerre qui aurait dû se terminer il y a des mois ? Peut-être était-ce parce que leur Empire s'effondrait, ou parce que leurs généraux leur avaient ordonné de tenir la ville avant de s'enfuir vers les terres empersoises.

A la fin de l'été, les armées patronales affluèrent vers une capitale bien différente de celle qu'ils avaient connu autrefois. Alors que le soleil se levait sur cette radieuse journée, les soldats chargèrent des envahisseurs divisés et en sous-nombre. Les pertes furent lourdes, des milliers d'hommes mourrurent dans les deux camps dans une bataille qui n'avait plus lieu d'être après la mort de Serlon Ier.
Au soir, le fracas des armes s'était tu.

Sanilve était libre, la guerre était finie.
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