Retrahant, Ere impériale


 
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 En l'an de grâce huit cents vingt cinq

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Hugon de Cistes

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Date d'inscription : 04/11/2011

MessageSujet: En l'an de grâce huit cents vingt cinq   Ven 4 Nov - 20:01

En l'an de grâce huit cents vingt cinq, Ephyne a perdu de sa superbe. La glorieuse cité impériale se réduisait à un vaste ensemble de maisons étroites et haute à moitié vides encerclé par une mer de faubourgs formés de huttes, d'auberges borgnes et de ruines. Les palais, les hôtels particuliers et les tours bourgeoises avaient pris des allures de fortins lorsqu'ils n'avaient pas été tout simplement désossé pierre par pierre. L'absence d'un empereur, d'un Saint-Patron et, en fait, de toute autorité publique, rendaient venelles et boulevards peu sûrs la journée et mortellement dangereux la nuit.

Ainsi, Ephyne la Belle était secouée par les ambitions des grands barons éphynois, des familles aristocratiques qui, une fois le roi parti, s'en donnaient à coeur joie. On s'étripait joyeusement pour une histoire de privilège rogné, un sbire assassiné au détour d'une ruelle, une dette de jeu impayée. Et dans ce doux marasme où la corruption et la violence marchaient de concert, sur ce tas de merde âcre, une fleur éclot et crût. Cette fleur, c'était la Malvales.

La maison de Malvales resta longtemps sous le joug des grands feudataires qui encerclaient Ephyne ou la tutelle des comtes de Dermak. Coincée entre ces deux puissances, elle disposait d'un petit fief constitué d'un donjon et d'un pont. On lui avait généreusement octroyé la tonlieu du dit pont, taxe autrefois inutile tant le trafic local se résumait au passage d'un vendeur de vaches et d'une poignée de vagabonds à la recherche d'un logis. Tout changea cependant lorsque, il y a plusieurs générations, le Saint-Patron se retira d'Ephyne pour rejoindre Dermak. Les pèlerins de tout l'Empire changèrent alors de destintion et Sanilve s'enrichit régulièrement. Alors les foires du Saint-Comté se multiplièrent et s'accrurent, si bien que Pont-la-Cistes, le fief des Malvales, devint le passage forcé des marchands, des nobles et des pèlerins.

Pont-la-Ciste s'agrandit, le donjon de torchis se transforma en une forteresse ramassée en pierre de taille et les grands de la région s'échinèrent à faire des Malvales leurs amis, voire leurs parents. Bien que riches, ces derniers étaient issus de la petit noblesse, et si on retrouve dans les chapitres patronaux une poignée de diacres Malvales ou, encore, un ou deux agents à la cour impériale, ces petits sires ne surent jamais vraiment briller, et on les appréciait particulièrement pour leur qualité de faire-valoir et de créancier timoré. C'est d'ailleurs ce qui permit à Hugon de Cistes d'accéder au pouvoir de fait.

Hugon naquit, comme son nom l'indique, à Pont-la-Ciste. Ayant perdu très tôt son père et ses oncles, il se retrouva à lutter vainement contre ses voisins-cousins qui rognèrent ses terres et lui volèrent ses privilèges. Bref, ce grand échalas était connu pour son manque de moyens et, disait-on, de caractère. On ne s'étonnera donc pas qu'il fut souvent à la cour, dans les antichambres des grands barons à demander qu'on lui remboursât les dettes qu'ils avaient contracté auprès de sa famille ou qu'ils l'aidassent à reprendre ses fiefs spoliés. Ajoutez à ce statut grotesque de créancier geignard, de hobereau quémandeur, sa laideur proverbiale, son menton digne d'une péninsule et sa dentition rudoyée par les guerres, les hivers et les viandes en sauce, et vous avez Hugon de Cistes, deuxième du nom, sire de Pont-la-Ciste et bailli d'Ephyne, marionnette des grandes familles, risée de la cour impériale.

Comment s'étonner, dès lors, de son ascension fulgurante ? Une fois que le duc de Versalac eut vidé les lieux sous la pression de Bulwaël III d'Aquilon, les grandes familles se rassemblèrent pour décider du sort d'Ephyne. Après plusieurs semaines de débats houleux, et voyant qu'aucune faction ne pouvait s'imposer, on s'intéressa à ce brave Hugon. Ce petit sire faible, vieillissant et laid, semblait l'homme de paille idéal. Sans soutien, sans charisme, il n'était pas une menace, si bien qu'on le fit Grand Domestique de la Cour. Son interrègne laisserait assez de temps aux différentes familles de voir les choses évoluer et chaque chef de faction crut que ces années de calme leur permettraient de dominer leurs rivaux respectifs.

Hélas, c'était sans compter sur l'appétit des armées septentrionales. Les soldats d'Aquilon, déçus par une campagne bien maigre, commencèrent à dévaster les environs d'Ephyne. Et Hugon, avant que le duc Bulwaël ne rappellent ses soudards, prétendit que la noblesse éphynoise se liguait en secret contre lui pour l'assassiner. Les conséquences furent immédiates, et l'armée aquilone sévit dans les campagnes, brûlant châteaux et donjons, ravageant bourgs et villages. Quand le septentrion fut rassasié des massacres, il laissa seul Hugon, qui se proclama duc d'Ephyne et Intendant de l'Empire.
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